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Les employeurs récompensent de plus en plus le comportement, pas seulement les résultats

<p>Ivan Vidas</p>
Ivan Vidas / Image by: foto

La culture organisationnelle peut-elle changer pour récompenser ce qui était autrefois considéré comme acquis dans la discipline du travail ? Cette question est de plus en plus posée par les employeurs qui introduisent des récompenses pour une utilisation appropriée des congés annuels, la ponctualité, l’absence de congés maladie ou l’arrivée au travail à vélo. De telles pratiques ne sont plus des exceptions, mais deviennent partie intégrante d’une stratégie plus large de gestion des personnes, où les incitations sont attribuées non seulement pour les résultats mais aussi pour les comportements que l’employeur souhaite intégrer dans la culture organisationnelle.

Dans la pratique, il y a un nombre croissant de récompenses qui ne sont pas liées à la performance au travail mais à des schémas comportementaux. Les employeurs récompensent les employés qui prennent leurs congés annuels sans reporter de jours à l’année suivante, les employés qui sont ponctuels tout au long de l’année, les employés qui prennent un congé maladie, ceux qui arrivent au travail à vélo, ou participent à des formations internes, et certains même pour simplement venir travailler (comme Čistoća de Split). Dans certaines organisations, la tenue de dossiers appropriée, la soumission en temps voulu de la documentation ou la participation à des initiatives internes sont également récompensées. De telles récompenses émergent dans un environnement où les employeurs cherchent des moyens de stabiliser les processus de travail, de réduire l’absentéisme, d’encourager des habitudes plus saines et de renforcer le sentiment d’appartenance à l’organisation.

Coûts réduits, meilleure santé

L’introduction de récompenses pour le comportement est souvent liée aux efforts des employeurs pour réduire les coûts découlant de l’absentéisme, des retards ou de la désorganisation. Lorsque l’utilisation appropriée des congés annuels est récompensée, l’employeur cherche à éviter l’accumulation de jours non utilisés qui créent ensuite des difficultés opérationnelles. Les récompenses pour arriver à vélo peuvent réduire les coûts de stationnement, encourager des habitudes plus saines et, à long terme, réduire le nombre de jours de maladie associés à un mode de vie sédentaire.

Les récompenses pour une tenue de dossiers appropriée ou la soumission en temps voulu de la documentation réduisent les erreurs administratives et accélèrent les processus, ce qui se reflète finalement sur l’efficacité des affaires. Bien que de telles récompenses puissent sembler symboliques à première vue, leur effet cumulatif peut être significatif, surtout dans les organisations comptant de nombreux employés.

D’autre part, de tels modèles de récompense ont un impact fort sur la culture organisationnelle. Lorsque des comportements traditionnellement considérés comme des parties fondamentales de la discipline du travail sont récompensés, l’organisation envoie un message qu’elle souhaite façonner activement les habitudes des employés et les orienter vers un certain schéma de comportement. Cela peut être encourageant si les récompenses sont perçues comme une reconnaissance pour la contribution à la culture de l’organisation, mais cela peut également être problématique si cela est perçu comme un contrôle caché.

Impact sur la culture organisationnelle

Les travailleurs qui estiment que l’absence de congés maladie est récompensée peuvent développer peur d’utiliser leurs droits légaux, ce qui sape la confiance à long terme et crée une culture où la santé est placée au second plan. En revanche, les récompenses pour la participation à des formations ou l’arrivée à vélo peuvent encourager des changements positifs, renforcer la communauté et créer un sentiment que l’organisation se soucie du bien-être des employés. En observant l’effet à long terme, il est clair que des récompenses inhabituelles peuvent être un outil puissant pour façonner la culture organisationnelle, mais seulement si elles sont attribuées de manière réfléchie et en accord avec les valeurs que l’organisation souhaite cultiver. Les employeurs introduisant de telles incitations doivent être conscients qu’une récompense n’est pas seulement un instrument financier, mais aussi un message de communication qui façonne les attentes, les relations et les perceptions d’équité.

Si les récompenses sont utilisées dans le cadre d’une stratégie plus large qui encourage des habitudes plus saines, le développement des employés et la stabilité organisationnelle, elles peuvent devenir un élément important de la gestion moderne des ressources humaines. Si elles sont un moyen de contrôle, elles peuvent saper la confiance et nuire à l’organisation à long terme. C’est pourquoi il est crucial de considérer de tels modèles de récompense non seulement à travers le prisme des coûts et des bénéfices, mais aussi à travers leur impact sur la culture, la motivation et le bien-être des employés.

Entre incitations et pression

La dimension légale de telles récompenses nécessite une attention particulière. Un employeur peut récompenser certains comportements mais ne doit pas créer de pression qui dissuaderait les employés d’utiliser leurs droits légaux. Une récompense pour l’utilisation appropriée des congés annuels peut être une incitation, mais elle ne doit pas devenir un moyen par lequel les employés sont amenés à renoncer à reporter des congés dans des situations où le report est légal et nécessaire.

La question de la récompense de l’absence de congés maladie est encore plus sensible, car une telle pratique peut être interprétée comme une forme de pression qui dissuade les employés d’utiliser leur droit à une incapacité temporaire de travail. La limite légale est que la récompense ne doit pas être conditionnée à la renonciation aux droits ni créer d’inégalité parmi les employés qui pourrait être interprétée comme de la discrimination. L’employeur doit s’assurer que la récompense est volontaire, ne sape pas la dignité des employés et ne crée pas une situation où un employé se sent obligé de renoncer à ses droits légaux pour obtenir un avantage financier.

Disponibilité de la récompense

Il est également important pour l’employeur de garantir une disponibilité égale des récompenses à tous les employés. Si l’arrivée à vélo est récompensée, l’employeur doit tenir compte du fait que certains employés vivent trop loin, que certains ont des limitations de santé ou que certains travaillent des quarts qui ne permettent pas un tel mode d’arrivée. Une récompense qui n’est disponible que pour une partie des employés peut créer un sentiment d’inégalité et perturber les relations d’équipe. La durabilité légale et organisationnelle de telles récompenses dépend de leur conception pour encourager un comportement souhaitable plutôt que de créer des différences qui deviennent ensuite une source de mécontentement.

Les employeurs qui souhaitent mettre en œuvre de tels modèles doivent être conscients que la limite légale ne se trouve pas seulement dans le texte de la loi, mais aussi dans la façon dont les employés perçoivent la récompense. Si la récompense encourage un comportement volontaire et positif, elle peut être un outil utile. Cependant, d’autre part, si elle crée de la pression ou de la peur, elle franchit une zone qui est légalement et éthiquement inacceptable.

Impact fiscal

L’aspect fiscal de telles récompenses est souvent négligé, bien qu’il soit crucial pour façonner correctement le système de récompense. Les récompenses pour le comportement ne sont pas des résultats de travail, donc elles ne peuvent pas être payées comme des récompenses exonérées d’impôt pour des résultats de travail. La ponctualité, l’absence de congés maladie, l’utilisation des congés annuels ou l’arrivée à vélo ne sont pas des performances de travail mesurables mais plutôt des schémas comportementaux. Par conséquent, ces récompenses doivent être payées comme un revenu brut, avec des contributions et des impôts calculés. Un employeur peut donner des récompenses exonérées d’impôt uniquement dans des situations où il y a un véritable résultat de travail, par exemple, lorsqu’un employé propose une amélioration qui apporte des avantages mesurables à l’organisation. Les récompenses occasionnelles ne peuvent également pas être attribuées à de tels fins, car elles sont destinées à marquer des vacances et des occasions spéciales, pas à encourager un comportement. Les employeurs introduisant de telles récompenses doivent être conscients qu’elles entraînent une charge fiscale et ne peuvent pas être présentées comme un revenu exonéré d’impôt.

Les réglementations fiscales distinguent clairement entre les récompenses découlant de la performance au travail et les récompenses attribuées pour le comportement. Les résultats de travail doivent être mesurables, liés aux objectifs commerciaux et objectivement vérifiables. Le comportement, peu importe à quel point il est souhaitable, ne répond pas à ces critères. Par conséquent, les récompenses pour une utilisation appropriée des congés annuels, l’absence de congés maladie ou l’arrivée à vélo ne peuvent pas entrer dans la catégorie des récompenses exonérées d’impôt. Chaque paiement de ce type doit être calculé comme un revenu régulier, ce qui signifie que l’employeur doit payer des contributions et des impôts, et que l’employé reçoit un montant réduit par toutes les contributions obligatoires.

Charge financière

Un tel traitement fiscal a également des conséquences organisationnelles plus larges. Lorsqu’un employeur introduit des récompenses qui doivent être payées comme un revenu brut, il doit être conscient que ces récompenses augmentent les coûts de main-d’œuvre. Cela signifie que leur application doit être considérée à long terme, car des paiements fréquents qui entraînent une charge fiscale peuvent devenir financièrement insoutenables. En même temps, l’employeur doit prêter attention à la façon dont les employés perçoivent ces récompenses. Si la récompense est payée en montants bruts, la ‘récompense nette’ est considérablement réduite après le calcul des contributions et des impôts, et l’employé peut avoir l’impression que la récompense n’a pas de réelle valeur pour lui si le montant qu’il reçoit sur son compte est trop faible. Cela peut conduire à un mécontentement et saper l’objectif motivationnel de la récompense. C’est pourquoi il est important que les employeurs expliquent clairement l’objectif de la récompense, son traitement fiscal et les attentes qui l’entourent, pour éviter les malentendus et s’assurer que la récompense encourage réellement le comportement que l’organisation souhaite développer.

Les employeurs qui souhaitent donner des récompenses pour le comportement doivent comprendre que ces récompenses entraînent une charge financière et ne peuvent pas être présentées comme un revenu exonéré d’impôt. Ils doivent également être conscients qu’une récompense payée comme un revenu brut a un effet psychologique différent sur l’employé qu’une récompense exonérée d’impôt. Lorsque les récompenses sont données de manière réfléchie, avec une communication claire et conformément aux réglementations fiscales, elles peuvent devenir un outil utile pour encourager des comportements souhaitables. Cependant, si elles sont données sans comprendre les conséquences fiscales, elles peuvent créer du mécontentement, augmenter les coûts et saper la culture organisationnelle.

Une épée à double tranchant

L’effet sociologique de telles récompenses peut être fort et durable. L’impact sur les relations entre les employés dépend de la manière dont les récompenses sont présentées et mises en œuvre. Si les récompenses sont perçues comme une reconnaissance pour la contribution à la culture de l’organisation, elles peuvent renforcer la motivation et le sentiment d’appartenance. Si elles sont perçues comme un contrôle caché, elles peuvent créer de la résistance et saper la confiance.

Dans les organisations où les récompenses sont introduites sans explication claire ou critères cohérents, les employés peuvent commencer à douter de l’équité du système. Si l’absence de congés maladie est récompensée, les employés ayant des problèmes de santé chroniques ou ceux s’occupant de membres de la famille malades peuvent se sentir stigmatisés. Un tel sentiment d’inégalité peut conduire à des divisions parmi les employés, où certains sont perçus comme ‘désirables’ en raison de leur capacité à gagner des récompenses, tandis que d’autres se sentent exclus. Dans un tel environnement, la récompense cesse d’être une incitation et devient une source de frustration, ce qui sape les relations interpersonnelles et affaiblit la cohésion de l’équipe à long terme. L’effet des récompenses sur la culture de travail dépend de la manière dont elles s’intègrent dans une stratégie plus large de gestion des personnes. Si elles font partie d’un système qui promeut la santé, le développement et la collaboration, elles peuvent devenir un élément important des RH modernes. Si elles sont un moyen de discipliner ou de contrôle caché, elles peuvent saper la confiance et nuire à l’organisation à long terme. C’est pourquoi il est important que les employeurs considèrent les récompenses non seulement comme des incitations financières, mais aussi comme des messages qui façonnent les valeurs, les attentes et les relations au sein de l’organisation.

Impact sur la marque employeur

Les récompenses pour le comportement peuvent être présentées comme un signe d’innovation et de soin pour les employés, ce qui peut être attrayant pour de nouveaux candidats. Cependant, les employeurs doivent être prudents pour que ces récompenses ne deviennent pas un signe que l’organisation s’appuie sur le contrôle plutôt que sur la confiance. Une récompense pour arriver à vélo peut se transformer en un message que l’organisation se soucie de la santé et de la durabilité, tandis qu’une récompense pour participer à une formation montre que l’employeur valorise le développement et les connaissances. De tels messages attirent des candidats à la recherche d’un environnement de travail qui encourage la croissance personnelle et professionnelle. Dans ce cas, la récompense devient une partie de l’identité de l’employeur, pas seulement une incitation financière.

D’autre part, les récompenses basées sur l’absence de congés maladie ou l’utilisation des congés annuels peuvent avoir l’effet inverse. Les candidats qui remarquent que le comportement directement lié à l’utilisation des droits légaux est récompensé peuvent conclure que l’organisation s’attend à ce que les employés renoncent à leurs droits pour obtenir des avantages financiers. Les candidats reconnaissent rapidement la différence entre une organisation qui donne des récompenses pour encourager des changements positifs et une autre qui les donne pour discipliner les travailleurs.

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