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Nouvelle Bureaucratie : Les entreprises devront justifier chaque kilowatt à l’État

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Les entreprises croates sont bientôt confrontées à une nouvelle obligation administrative étendue. Les grands consommateurs d’énergie devront fournir des comptes détaillés à l’État pour chaque kilowatt consommé et divulguer publiquement des plans stratégiques pour les économies. Cela fait partie des obligations imposées par le nouveau Règlement sur la Gestion Systématique de l’Énergie et l’Audit Énergétique des Entreprises, qui est actuellement en consultation publique et est adopté pour s’aligner sur la Directive Européenne sur l’Efficacité Énergétique.

Nouveau Régime pour les Grands Consommateurs

Le seuil clé pour les nouvelles obligations est fixé à 2,78 GWh de consommation d’énergie finale annuelle moyenne. Les entreprises dépassant ce seuil devront prouver combien d’énergie elles consomment, comment elles le calculent, qui est responsable des données et ce qu’elles prévoient de faire pour réduire la consommation.

Les plus grands consommateurs ont des obligations plus importantes, donc les entreprises avec une consommation moyenne sur trois ans supérieure à 23,61 GWh devront également mettre en œuvre un système de gestion de l’énergie certifié selon la norme ISO 50001 ou à travers un système de gestion environnementale élargi.

Pour le premier cycle d’application en Croatie, la consommation moyenne sera calculée dès 2026 sur la base des données collectées au cours des trois années précédentes, et le calcul inclut la consommation dans les bâtiments, installations, processus et l’ensemble du parc de véhicules.

Nouvelles Obligations Pas Seulement pour l’Industrie Lourde

Le nombre exact d’entreprises touchées par la nouvelle obligation est actuellement impossible à déterminer précisément car il dépend de la consommation totale de toutes les sources d’énergie et de la connexion de divers points de mesure avec des entités juridiques individuelles.

Cependant, les données de HERA sur la consommation d’électricité pour 2024, qui enregistrent environ 223 000 clients dans la catégorie des entreprises, révèlent que près de 1900 points de mesure d’entreprises consomment plus de 2 GWh d’électricité par an. Bien qu’une entreprise puisse avoir plusieurs de ces points, cette statistique montre clairement que les nouvelles règles ne sont pas réservées uniquement à l’industrie lourde.

Lorsque le gaz, l’énergie thermique et les carburants de transport sont ajoutés à l’électricité, les entreprises du secteur alimentaire, des grands centres logistiques, des chaînes de distribution ou des hôtels, qui n’avaient peut-être pas été perçues auparavant comme des consommateurs critiques d’énergie, pourraient facilement dépasser le seuil de 2,78 GWh.

Plan d’Action et Experts Agréés

La partie la plus sensible de la nouvelle réglementation ne concerne pas la mise en œuvre de l’audit énergétique lui-même, mais les obligations qui en découlent par la suite. Les entreprises devront élaborer un plan d’action pour l’efficacité énergétique de quatre ans basé sur des recommandations d’experts, détaillant les mesures, délais, priorités, montants d’investissement et économies attendues.

Selon la réglementation, ce document doit être adopté par la direction de l’entreprise et ensuite divulgué publiquement sur leurs sites Web dans le cadre du rapport opérationnel annuel.

La mise en œuvre de ces audits nécessitera l’engagement d’entités juridiques autorisées avec une équipe agréée qui doit inclure au moins deux experts, en insistant sur le fait que l’un doit être issu de la profession d’ingénieur. Cela soulève une question pratique sérieuse de savoir s’il y a suffisamment de consultants autorisés sur le marché national si un grand nombre de parties obligées sont activées simultanément.

Alors que pour les consultants et auditeurs énergétiques, les nouvelles règles signifient l’ouverture d’un marché lucratif, pour les entrepreneurs, elles représentent un nouveau coût direct de conformité aux réglementations.

Efficacité Énergétique ou Une Autre Couche de Bureaucratie

L’État établira également un Registre spécial des Entreprises, qui sera maintenu par l’APN dans le cadre du système d’information national ISGE, et les entreprises seront tenues de soumettre des données annuellement par l’intermédiaire d’une personne interne désignée.

Du point de vue de l’administration européenne, l’objectif est complètement clair : encourager les entreprises à gérer les ressources de manière plus rationnelle, réduire la consommation d’énergie globale et détecter avec précision les domaines où l’argent est dépensé inutilement, que ce soit par le biais de systèmes de refroidissement, de chauffage, de ventilation ou de processus technologiques inefficaces. Pour une économie qui se plaint depuis des années des prix élevés de l’énergie, cela peut être un contrôle d’efficacité utile, mais en même temps, cela ajoute une autre couche de bureaucratie, transformant l’efficacité énergétique en une autre question réglementaire complexe.

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