L’Europe entre dans la seconde moitié des années 2020 avec des perspectives modestes de croissance économique. Une dette publique élevée, une population vieillissante, une productivité faible, des coûts énergétiques encore élevés et une incertitude géopolitique devraient limiter la croissance de manière significative en dessous des niveaux auxquels l’économie européenne a été habituée lors des périodes plus fortes.
Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI) dans son dernier rapport Perspectives de l’économie mondiale, la zone euro devrait croître à un taux moyen d’environ 1,2 % par an entre 2027 et 2031. L’économie de l’Union européenne devrait enregistrer un taux de croissance moyen légèrement supérieur d’environ 1,4 % par an.
Une comparaison avec le reste du monde souligne encore plus le ralentissement européen. L’économie mondiale devrait croître d’environ 3,2 % par an pendant la même période, les économies asiatiques en développement croissant d’environ 4,6 %, et l’Inde d’environ 6,5 % par an.
Cependant, au sein de l’Europe, il existe des économies qui s’écartent considérablement de cette moyenne. Parmi les plus dynamiques, selon les projections du FMI, devraient figurer Malte, le Kosovo, l’Ukraine, la Serbie et la Moldavie, dont la croissance devrait être plus de deux fois plus rapide que la moyenne de la zone euro.
Économies plus petites, croissance plus élevée
En tête du classement européen se trouve Malte, que le FMI prévoit de croître près de quatre pour cent par an à moyen terme. Son économie a fortement progressé ces dernières années grâce au tourisme, à l’industrie des jeux en ligne, aux services financiers et professionnels, et à un afflux de travailleurs étrangers.
Cependant, ce modèle approche de ses limites. Un faible taux de chômage, une pénurie de main-d’œuvre et une pression sur les infrastructures signifient que Malte ne pourra plus compter uniquement sur l’expansion du nombre d’employés dans la prochaine phase de développement. La clé sera la croissance de la productivité.
Le Kosovo reste également parmi les économies européennes à la croissance la plus rapide. La croissance devrait être d’environ quatre pour cent par an, soutenue par une forte consommation intérieure, des investissements publics, des envois de fonds de la diaspora et une main-d’œuvre jeune. Le point faible de ce modèle reste une forte dépendance aux importations et une base d’exportation encore sous-développée.
L’Ukraine est un cas particulier. Le FMI prévoit une croissance moyenne d’environ 3,8 % par an, mais cette projection est basée sur l’hypothèse d’une stabilisation progressive des conditions de sécurité et du début d’une vaste reconstruction du pays. Si un tel scénario ne se matérialise pas, la situation économique pourrait être considérablement moins favorable.
La Serbie devrait croître légèrement au-dessus de 3,5 % par an. Son élan repose sur des investissements publics, des projets d’infrastructure, des préparatifs pour l’Expo 2027 à Belgrade, et une base manufacturière et d’exportation en croissance. La Moldavie, quant à elle, compte sur la poursuite des réformes, des liens plus étroits avec l’Union européenne, des envois de fonds de l’étranger, et un soutien financier de la part de partenaires européens.
La Croatie au-dessus de la zone euro, mais en dessous des plus rapides
La Croatie ne figure pas parmi les cinq économies européennes à la croissance la plus rapide, mais ses projections restent néanmoins significativement plus favorables que la moyenne de la zone euro.
Selon les estimations du FMI, le PIB réel de la Croatie devrait croître d’environ 2,7 % en 2026, puis de 2,6 % en 2027 et 2028, et de 2,5 % en 2029 et 2030. En d’autres termes, la Croatie devrait maintenir une croissance annuelle dans une fourchette d’environ 2,5 à 2,7 % durant la seconde moitié de la décennie.
C’est à peu près le double de la croissance moyenne attendue de la zone euro. Comparé à l’économie de l’Union européenne, qui devrait croître d’environ 1,4 % par an, la Croatie reste également au-dessus de la moyenne.
Cependant, comparée aux économies européennes les plus dynamiques, dont la croissance varie entre 3,5 et près de quatre pour cent par an, le rythme de la Croatie semble solide mais pas exceptionnel.
Qu’est-ce qui stimule la croissance croate ?
L’économie croate a connu l’une des croissances les plus rapides de la zone euro ces dernières années, principalement grâce à une forte demande intérieure, à la consommation privée, au tourisme et aux investissements liés aux fonds européens.
Dans les années à venir, la demande intérieure et les investissements resteront les principaux piliers de la croissance. Les fonds du Plan national de relance et de résilience et d’autres sources européennes devraient continuer à soutenir les investissements publics et privés, notamment dans les infrastructures, l’énergie, la numérisation et les services publics.
Cependant, la marge d’accélération n’est pas illimitée. La Croatie fait face aux mêmes défis structurels que la majeure partie de l’Europe : une population vieillissante, une pénurie de main-d’œuvre et une croissance lente de la productivité. De plus, l’économie reste sensible aux évolutions du tourisme, à la demande extérieure, aux prix de l’énergie et aux risques géopolitiques.
Parmi les risques pour une croissance supplémentaire figurent les pressions inflationnistes, la croissance des salaires, une forte activité de crédit et des prix immobiliers élevés. Si la croissance des salaires dépasse celle de la productivité à long terme, des questions de compétitivité pourraient se poser, notamment dans les secteurs exposés au marché international.