L’Association Franak a annoncé la poursuite de sa bataille juridique suite à la décision de la formation élargie de la Cour suprême de la République de Croatie concernant les prêts convertis en francs suisses. Comme ils l’ont déclaré lors d’une conférence de presse tenue à Zagreb, les consommateurs déposeront des plaintes constitutionnelles après les décisions individuelles de la Cour suprême, visant à annuler de telles décisions et à obtenir une compensation intégrale.
La Cour suprême, dans l’affaire Rev-457/2025, a décidé que les consommateurs ayant des prêts convertis n’ont droit qu’aux intérêts de retard accumulés jusqu’à la date de conversion sur les montants totaux trop perçus des annuités. Selon l’Association Franak, la décision a été prise par un ratio de vote de 9:4.
L’association considère cette position illégale, contraire au droit de l’Union européenne, à la Constitution et à la Convention pour la protection des droits de l’homme. Ils affirment que les neuf juges de la formation élargie ont empêché les consommateurs de récupérer de l’argent sur la base des dispositions de la loi sur les obligations relatives à la nullité et à l’enrichissement sans cause.
Ils soulignent particulièrement que la Cour de justice de l’Union européenne, dans les arrêts C-118/17 et C-705/21, selon leur interprétation, souligne le droit du consommateur à une restitution intégrale. Ils considèrent la décision de la Cour suprême comme arbitraire car, selon eux, les juges n’ont pas accepté les avis d’experts qui indiquent sans équivoque que les montants trop perçus n’ont pas été remboursés par le biais de la conversion.
Consommateurs discriminés
L’Association Franak affirme également que la décision est discriminatoire car elle place les consommateurs ayant accepté la conversion dans une position moins favorable par rapport à ceux qui n’ont pas converti leurs prêts, qui auraient pu obtenir le droit à une compensation intégrale. Selon leurs affirmations, les consommateurs ayant des prêts convertis, s’ils ne reçoivent que des intérêts de retard, paient finalement 20 à 30 % de plus pour le remboursement total du prêt que les consommateurs qui n’ont pas converti leur prêt mais ont obtenu une compensation intégrale.
Ils ajoutent que ces consommateurs sont également discriminés par rapport aux utilisateurs de prêts en euros originaux, qui peuvent poursuivre les banques pour des dispositions d’intérêts injustes. Dans le cas des prêts convertis, ils avertissent que des taux d’intérêt en euros ont été utilisés pour le calcul de la conversion, mais que les consommateurs, selon la décision de la Cour suprême, ne sont pas reconnus le droit de poursuivre sur cette base.
Opinions séparées comme argument
L’Association fait particulièrement référence aux opinions séparées des juges Damir Kontrec, Jadranko Jug, Dražen Jakovina et Josip Turkalj, qui, selon eux, seront un soutien important dans les procédures devant la Cour constitutionnelle. Dans ces opinions, comme l’indique l’Association, il est souligné que la conversion n’a pas supprimé les conséquences des dispositions contractuelles nulles, que la loi sur la conversion n’a pas abordé la question de la restitution, et que les consommateurs au moment d’accepter la conversion n’ont pas pu être informés de la nullité de la clause monétaire en francs suisses.
Qui paie les frais de justice ?
Ils ont également déclaré que la question des frais de justice n’a pas été définitivement résolue. Ils estiment que l’approche actuelle, où chaque partie supporte sa part des coûts, est insoutenable et soutiennent que les banques devraient supporter au moins une partie des coûts, et selon le droit de l’Union européenne, le coût total des procédures du consommateur.
