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Ce qui se cache derrière les chiffres magiques du plan d’approvisionnement de Zagreb Holding

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Zagrebački Holding, zgrada / Image by: foto Ratko Mavar

Alors que les citoyens de Zagreb reçoivent régulièrement des factures de services publics de plus en plus élevées, un silence prolongé prévaut dans le bâtiment de Zagreb Holding. La direction de la Holding ignore les demandes des journalistes depuis des mois et refuse de rendre des comptes au public pour un document qui devrait servir de miroir de transparence, dont les autorités municipales se vantent chaque fois qu’elles le peuvent, à savoir le Plan d’approvisionnement pour 2026.

Cependant, en examinant le Plan lui-même, il devient clair pourquoi la Ville a été réticente à répondre aux demandes des journalistes pendant des mois et pourquoi elle reste silencieuse. Un audit détaillé de cette vaste liste d’approvisionnement révèle des absurdités systématiques, une éventuelle évasion délibérée de la loi, et des priorités qui frôlent le bon sens.

Syndrome « €26,500 » : Comment contourner l’appel d’offres public en 81 étapes

Le plus grand ‘drapeau rouge’ de ce document réside dans l’incroyable anomalie statistique qui se répète à travers pas moins de 81 articles différents. Des services intellectuels, à l’horticulture, en passant par l’approvisionnement de pièces de rechange pour compresseurs, la Holding a estimé la valeur identique de exactement 26 500,00 € pour des dizaines de biens et services complètement différents.

Pourquoi ce chiffre est-il ‘magique’ ? Parce que le seuil légal au-dessus duquel les entreprises publiques doivent annoncer un appel d’offres transparent, ouvert et accessible au public est de 26 540,00 €. La Holding a fixé ses articles à exactement 40 euros en dessous de ce seuil.

Cela indique une pratique systématique de ce qu’on appelle l’approvisionnement simple. Cela signifie qu’il n’y a pas d’annonce publique, pas de contrôle strict, et pas de processus d’appel. Des contrats d’une valeur supérieure à 2,1 millions d’euros seront attribués sans appel d’offres public, en envoyant des invitations directes à des entreprises sélectionnées.

Une telle fréquence de valeurs estimées identiques ne prouve pas en soi une conduite illégale, mais elle soulève des questions sur les critères sur lesquels les estimations ont été faites et si certains approvisionnements ont été planifiés de manière à permettre l’application de l’approvisionnement simple.

Anatomie de la fragmentation : Barrières linguistiques et absurdités horticoles

La loi sur les marchés publics interdit strictement la fragmentation des articles d’approvisionnement dans le but d’éviter les procédures légalement prescrites pour l’approvisionnement simple. Cependant, la Holding fait exactement cela dans son plan, divisant des unités commerciales uniques en petites ‘portions’.

Par exemple, au lieu d’annoncer un appel d’offres ouvert pour des services linguistiques, la Holding divise l’article en ‘Service de traduction’ (26 500 €) et ‘Traduction littéraire’ (26 500 €).

‘Aménagement horticole des installations en bord de mer’ est estimé à 26 500 €, tandis que ‘Aménagement et travaux horticoles’ est estimé à un autre 26 500 €. Le même code CPV (77314000), le même type de service, mais un double passage sous le radar. De plus, nous avons ‘Préparation des rapports annuels’ (26 500 €) et préparation graphique de texte (26 500 €) listés séparément, même s’ils constituent un processus unique de publication et de promotion.

En fusionnant ces articles et d’autres similaires, la Holding devrait légalement ouvrir les portes à la concurrence sur le marché. En l’état, les contrats restent dans le cercle des ‘choisis’.

Des millions pour des balais en bouleau, des miettes pour une véritable modernisation

Lorsque les articles d’approvisionnement simple sont retirés, les grands chiffres restants révèlent une logique de gestion complètement déformée. L’exemple le plus frappant est l’article 45 – Balais en bouleau, pour lequel la Holding prévoit de dépenser un incroyable 1 927 500,00 € sur une période de quatre ans. Pour rendre les choses encore plus absurdes, le budget pour l’approvisionnement de balais en bois traditionnels est plus important que le budget pour une fourniture de deux ans d’énergie thermique (article 47, 1 683 000 €) pour l’ensemble de la Holding !

En même temps, malgré des milliers d’employés au sein de son propre système, la Holding prévoit de payer 894 000 € pour des conseils financiers, commerciaux et en gestion externes (articles 59 et 70). La Holding n’a pas répondu aux demandes concernant les détails de cet approvisionnement.

Tous ces trucs administratifs et ces estimations de valeur étranges ne sont pas seulement un problème pour l’audit d’État ; ils affectent les citoyens de Zagreb. Chaque euro dépensé par le biais d’un approvisionnement simple non transparent ou sur des consultants externes trop payés est un euro de moins pour le renouvellement du réseau d’approvisionnement en eau délabré, une meilleure gestion des déchets, ou des prix de services publics plus bas.

La manière dont l’approvisionnement est planifié et exécuté affecte directement l’efficacité des dépenses publiques. C’est pourquoi les questions de transparence, de concurrence sur le marché et de justification des coûts individuels méritent d’être clarifiées et discutées publiquement.

Puisque Zagreb Holding n’a pas répondu aux questions concernant ces articles depuis des mois, le public manque encore de réponses à un certain nombre de questions ouvertes découlant du Plan d’approvisionnement pour 2026. Le document lui-même ne prouve pas l’illégalité, mais il contient suffisamment d’éléments inhabituels pour justifier une enquête plus détaillée sur la planification et les dépenses d’argent public.

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