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Travailleur ou Freelance ? L’écart de revenu reste énorme

<p>Paušalni obrtnik plaća znatno manje poreza na dohodak i obveznih doprinosa nego kad bi istu zaradu ostvario kao zaposlenik</p>
Paušalni obrtnik plaća znatno manje poreza na dohodak i obveznih doprinosa nego kad bi istu zaradu ostvario kao zaposlenik / Image by: foto
L’annonce du resserrement du traitement fiscal des entreprises freelances a provoqué une forte résistance de la part du public, principalement parmi les freelances eux-mêmes. Sur les réseaux sociaux et dans les discussions publiques, les mesures sont décrites comme une attaque contre l’entrepreneuriat, contre les industries créatives, et contre les travailleurs indépendants qui, selon eux, ‘supportent déjà tous les risques commerciaux’. En même temps, certains experts fiscaux avertissent que les entreprises freelances, même après les changements annoncés, sont toujours traitées de manière plus favorable d’un point de vue fiscal que l’emploi, notamment dans les secteurs à faibles coûts d’exploitation.

Traitement fiscal favorable

Une analyse de l’expert fiscal Marija Zuber montre que, malgré les ‘mesures les plus sévères contre l’inflation’, les entreprises freelances sont encore significativement plus favorisées fiscalement que l’emploi, surtout dans les secteurs à faibles coûts ou sans coûts.

Sa comparaison est simple. Un employé dont le coût total pour l’employeur est de cinq mille euros par mois (ce qui correspond à un salaire brut de 4 292 euros) a environ 2 780 euros nets après impôts et cotisations. Un freelance avec le même revenu mensuel de cinq mille euros avait auparavant environ 4 620 euros, et après la proposition du gouvernement et l’augmentation des impôts, il lui restera 4 540 euros.

En d’autres termes, la différence est seulement symboliquement réduite et reste supérieure à 1 700 euros par mois en faveur des entreprises freelances. Selon cette comparaison, les entreprises freelances continuent de maintenir un avantage fiscal significatif sur l’emploi même après les changements proposés.

Profondeur du déséquilibre

L’analyse de Zuber révèle également la profondeur du déséquilibre. Un freelance à revenu élevé paie des cotisations sur une base de 797 euros, tandis qu’un employé, même au salaire minimum, paie des cotisations sur la base complète de son salaire. En termes d’impôt sur le revenu, la différence est tout aussi claire : un employé à Zagreb paie un taux de 23 pour cent, tandis qu’un freelance paie 12 pour cent, quelle que soit la ville et le niveau des services locaux qu’il utilise.

Dans de telles circonstances, ces différences fiscales sont l’un des facteurs qui poussent certains experts à choisir d’opérer par le biais d’une entreprise freelance plutôt que d’une relation d’emploi traditionnelle.

Une partie de la rébellion contre les nouveaux traitements fiscaux découle également d’un problème plus large : en Croatie, presque chaque activité peut être enregistrée comme une entreprise. Ainsi, les freelances paient également des impôts qui sont des experts informatiques hautement spécialisés, des consultants, des ingénieurs superviseurs et des conférenciers, dont les revenus et les positions sur le marché peuvent difficilement s’inscrire dans la même catégorie que les petites entreprises de fabrication ou d’artisanat.

Il convient également de noter que la comparaison des charges fiscales ne couvre pas toutes les différences entre l’emploi et l’exploitation par le biais d’une entreprise freelance. Les freelances supportent eux-mêmes le risque entrepreneurial, n’ont pas de revenu garanti, de congés annuels payés, ni le même niveau de protection en cas de maladie, et leurs revenus dépendent du marché et de la demande de services.

Pour cette raison, certains experts estiment que les différences fiscales ne peuvent pas être considérées séparément des différents niveaux de risque commercial que diverses formes de travail comportent.

Expériences d’autres pays

D’autres pays européens ont réglementé les entreprises freelances différemment. Par exemple, après avoir constaté des abus, la Hongrie a radicalement réformé son système KATA populaire et a complètement interdit la taxation forfaitaire pour tous ceux qui font des affaires avec des entités juridiques (B2B). Cela signifie que les professionnels de l’informatique et les consultants travaillant pour des entreprises étrangères ou nationales sont immédiatement redirigés vers des impôts sur le revenu ou des impôts sur les bénéfices classiques, tandis que le taux forfaitaire reste réservé aux coiffeurs, chauffeurs de taxi et plombiers.

Le modèle polonais de différenciation fiscale (Ryczałt) est encore plus intrigant ; selon celui-ci, les artisans et petits commerçants paient des taux faibles de trois à 5,5 pour cent d’impôt, les experts informatiques paient 12 pour cent, et les managers et consultants paient 15 à 17 pour cent d’impôt sur le chiffre d’affaires.

Le système allemand a également des mécanismes pour reconnaître le travail indépendant déguisé. Lorsque les autorités compétentes évaluent qu’un freelance opère dans des conditions ressemblant à une relation d’emploi, le statut de la personne peut être déterminé comme comparable à celui d’un employé, ce qui entraîne des obligations supplémentaires de paiement de cotisations. Dans ce cas, non seulement le nombre de clients est pris en compte, mais aussi une série d’autres critères indiquant une dépendance économique à un seul client.

La Roumanie a également réformé son système de micro-entreprise extrêmement populaire (Microintreprindere), qui a été un refuge pour le secteur d’exportation informatique pendant des années, en introduisant un ‘filet de sécurité fiscale’ obligatoire. Pour qu’un entrepreneur puisse même bénéficier du taux d’imposition privilégié sur le chiffre d’affaires faible, l’entreprise doit avoir au moins un employé à temps plein recevant le salaire minimum et payant des cotisations standard. Sinon, le taux d’imposition passe automatiquement au taux d’imposition standard des sociétés de 16 pour cent, rendant l’emploi déguisé sans cotisations pour le fonds de pension et de santé économiquement non viable.

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