Home / Affaires et Politique / HOK : Le gouvernement a modifié la loi sous pression sans raison

HOK : Le gouvernement a modifié la loi sous pression sans raison

Image by: foto Shutterstock

Le Parlement croate a adopté des amendements à la Loi sur l’Advocatie pour s’aligner sur la législation de l’UE, sinon la Croatie serait confrontée à une pénalité financière. S’aligner sur les directives de l’UE permettra aux avocats d’opérer sous diverses formes organisationnelles et ouvrira des opportunités pour les cabinets d’avocats des États membres d’établir des succursales et des filiales en Croatie. Le droit d’établir des succursales s’applique également aux cabinets d’avocats des pays signataires du Code de libéralisation de l’OCDE.

De plus, les stagiaires sont facilités dans l’acquisition d’expérience professionnelle en leur permettant de compléter une partie de leur formation avec des avocats croates ayant leur établissement commercial dans d’autres États membres de l’UE enregistrés au Registre des avocats de la Chambre des avocats croates, renforçant ainsi la mobilité et la compétitivité de la profession.

Les professeurs retraités de matières juridiques dans les universités en Croatie sont autorisés à fournir des conseils juridiques et des avis pour contribuer à résoudre des questions ouvertes dans un domaine juridique spécifique, contribuant ainsi au développement du droit. Ce faisant, eux, ainsi que les professeurs et maîtres de conférences de matières juridiques dans les universités en Croatie, doivent avoir une assurance responsabilité civile pour les dommages qu’ils pourraient causer à des tiers, dans les mêmes conditions prescrites pour la souscription d’une assurance responsabilité civile pour les avocats.

La Chambre des avocats croate, dirigée par la présidente Iva Markotić Bagarić, a exprimé son regret à Lider qu’une telle loi ait été adoptée malgré leurs positions soigneusement argumentées. Contrairement à l’opinion des partisans de la loi, la Chambre des avocats estime que dans ce cas spécifique, il n’y a pas de non-conformité établie de la Loi sur l’Advocatie avec l’acquis juridique de l’Union européenne, mais seulement la position de la Commission européenne, qui n’a pas été évaluée par la Cour de justice de l’Union européenne pour parler de non-conformité établie de la Loi sur l’Advocatie en tant que réglementation nationale de la République de Croatie avec l’acquis juridique de l’Union européenne.

De plus, les dispositions de la Loi sur l’Advocatie précédemment applicable étaient alignées avec l’acquis juridique européen, et la position de la Commission européenne concernant une éventuelle non-conformité des réglementations nationales représente seulement une interprétation unilatérale du droit de l’Union européenne et n’est pas contraignante pour les États membres.

Impact Négatif

La Chambre des avocats s’est opposée aux amendements qui permettaient la prestation simultanée de services juridiques sous plusieurs formes organisationnelles car la limitation de la prestation simultanée de services juridiques sous plusieurs formes organisationnelles est entièrement alignée avec l’acquis juridique européen. Ils soutiennent que c’est le seul moyen approprié et nécessaire d’atteindre les objectifs d’évitement des conflits d’intérêts et d’assurer la protection du secret professionnel, préservant ainsi l’indépendance de la profession juridique et le bon fonctionnement du système judiciaire.

Ils citent le jugement de la Cour de l’UE (numéro de l’affaire : C-225/09 Edyta Joanna Jakubowska c. Alessandro Maneggia) pour soutenir la justesse de cette limitation législative. Ils expliquent que la probabilité d’un conflit d’intérêts augmente si le même avocat fournit des services juridiques sous plusieurs formes organisationnelles d’exercice du droit.

Selon l’avis de la Chambre des avocats croate, la possibilité pour un avocat de fournir des services juridiques sous plusieurs formes organisationnelles aura un impact négatif sur l’intégrité de la profession juridique et le fonctionnement de la justice, considérant la position des avocats en tant que participants à la justice et garants de la protection des droits des parties. Il est nécessaire de garder à l’esprit que dans le système judiciaire, une réaction post-festum n’est pas acceptable, dans le sens où un conflit d’intérêts est résolu s’il survient ; il est plutôt essentiel d’agir préventivement pour garantir que la confiance des parties dans la profession juridique et l’ensemble du système judiciaire ne soit pas compromise.

La Chambre des avocats croate estime en outre que l’existence de limitations sur la possibilité de fournir des services juridiques sous plusieurs formes organisationnelles est nécessaire pour la protection du secret professionnel, car le risque de violation du secret professionnel augmente considérablement si un avocat est autorisé à fournir des services juridiques sous plusieurs formes organisationnelles.

(Non)Conformité avec l’UE

Concernant la possibilité que des cabinets d’avocats des États membres de l’UE ou de l’OCDE puissent établir d’autres cabinets d’avocats en Croatie, la Chambre des avocats souligne qu’elle s’y est opposée (nouvel Article 27.b). Le cadre normatif précédemment applicable selon lequel les cabinets d’avocats des pays mentionnés ne pouvaient pas établir de filiales était entièrement aligné avec le droit de l’UE, en particulier les Articles 50, paragraphes 1 et 2 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (ci-après : TFUE) et les dispositions de la Directive 98/5/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 février 1998 (ci-après : Directive 98/5/CE) et la Directive du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2006, sur les services dans le marché intérieur (ci-après : Directive 2006/123).

La position de la Chambre des avocats croate est soutenue par la jurisprudence pertinente de la Cour de l’UE, qui indique clairement que la Directive régule l’exercice de la liberté d’établissement dans la profession juridique, n’autorise pas la possibilité d’exercer la liberté d’établissement dans la profession juridique par l’établissement de filiales, mais seulement par l’établissement de succursales et de bureaux de représentation, et que cette directive, ainsi qu’une autre (2006/123), ne sont pas complémentaires concernant la possibilité d’exercer la liberté d’établissement dans la profession juridique par l’établissement de filiales. Selon la disposition de l’Article 3 de la Directive 2006/123 concernant la possibilité d’exercer la liberté d’établissement par l’établissement d’une filiale, les dispositions de la Directive 98/5/CE, qui n’autorise pas une telle possibilité, doivent être appliquées.

Cependant, il est intéressant de noter que la justification de la majorité dirigeante selon laquelle il était nécessaire d’adopter des amendements à la Loi sur l’Advocatie en raison d’une pénalité financière menaçante n’est pas considérée comme justifiée par la Chambre des avocats. En effet, la procédure pour violation du droit de l’Union européenne contre la République de Croatie n’a pas atteint un stade où un tel danger menace directement notre pays.

La raison réside dans le fait que dans la procédure pour violation du droit de l’Union européenne, la Commission européenne, selon l’Article 258 du Traité sur le fonctionnement de l’UE, envoie un avis motivé à l’État lorsqu’elle estime que l’État n’a pas rempli ses obligations en vertu du Traité, après avoir préalablement donné à l’État l’occasion de soumettre ses observations. Selon le paragraphe 2 du même article, si l’État n’agit pas conformément à l’avis motivé dans le délai imparti, la Commission européenne peut porter l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Conclusion Prématurée

Si la Cour de justice de l’Union européenne détermine après la procédure menée qu’un État membre n’a pas rempli son obligation en vertu du traité, l’État membre est obligé, selon la disposition de l’Article 260 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, de prendre des mesures pour exécuter un tel jugement de la Cour.

Ce n’est que dans le cas où l’État membre ne prend pas de mesures pour exécuter le jugement de la Cour qui a établi une violation du droit de l’Union, que la Commission européenne peut alors, conformément à l’Article 260, paragraphe 2 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, porter à nouveau l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne, après avoir donné à l’État membre l’occasion d’exprimer son avis sur la question, et demander à la Cour d’imposer une pénalité financière à l’État qu’elle juge appropriée dans les circonstances de l’affaire. À cet égard (selon la disposition de l’Article 260, paragraphe 3 du Traité), l’obligation de paiement prend effet à partir de la date déterminée par la Cour dans son jugement.

Expansion des Personnes Autorisées

La Chambre des avocats s’est également opposée à l’amendement de l’Article 5, paragraphe 2 de la Loi sur l’Advocatie, qui élargit le cercle des personnes autorisées à fournir des conseils juridiques et des avis moyennant des honoraires.

Cela concerne la possibilité pour les professeurs retraités de matières juridiques dans les universités en Croatie de fournir des conseils juridiques et des avis pour contribuer à résoudre des questions ouvertes dans un domaine juridique spécifique, contribuant ainsi au développement du droit. Ce faisant, eux, ainsi que les professeurs et maîtres de conférences de matières juridiques dans les universités en Croatie, doivent avoir une assurance responsabilité civile pour les dommages qu’ils pourraient causer à des tiers, dans les mêmes conditions prescrites pour la souscription d’une assurance responsabilité civile pour les avocats.

Cependant, la Chambre des avocats estime que la solution législative précédente offrait un cercle suffisamment large de personnes autorisées à fournir des conseils juridiques et des avis moyennant des honoraires, garantissant que les personnes ayant besoin d’assistance juridique reçoivent une aide juridique de qualité de la part de personnes qui sont continuellement formées professionnellement sous le contrôle approprié de leurs institutions d’origine.

Il est souligné que dans l’adoption des amendements pertinents, la proposition de la Chambre des avocats croates visant à protéger les individus et les entités juridiques qui sont utilisateurs des services des personnes autorisées à fournir une assistance juridique selon l’Article 5 de la Loi sur l’Advocatie a été acceptée, que les personnes autorisées à fournir une assistance juridique selon l’Article 5 de la Loi sur l’Advocatie sont tenues d’avoir une assurance responsabilité civile pour les dommages qu’elles pourraient causer à des tiers en fournissant des conseils juridiques et des avis selon l’Article 44 de la Loi sur l’Advocatie, et elles sont tenues de fournir une preuve d’assurance à la Chambre des avocats croates.

En conclusion, il est souligné que la Chambre des avocats croates n’est pas contre les amendements qui alignent la législation nationale sur l’acquis juridique européen ; cependant, la Chambre des avocats croates croit fermement qu’en vertu de la pratique établie de la Cour de l’UE (par exemple, l’affaire C-3/95 Reisebüro Broede, paragraphes 37 et 42, C-295/23, etc.), compte tenu des différences dans les règles professionnelles et éthiques applicables à la profession juridique qui ne sont pas harmonisées au niveau de l’Union européenne, chaque État membre est libre de réglementer l’exercice de la profession juridique sur son territoire, et le fait qu’un État membre ait des règles moins restrictives qu’un autre État membre ne signifie pas que les règles plus restrictives de ce dernier État membre seraient disproportionnellement contraignantes et donc contraires au droit de l’Union européenne.

Par conséquent, la Chambre des avocats estime que les amendements à la Loi sur l’Advocatie, qui ont permis l’exercice de services juridiques sous plusieurs formes organisationnelles et l’établissement de filiales par des cabinets d’avocats étrangers, mineront irréversiblement les postulats fondamentaux de la profession juridique en République de Croatie, ce qui ne peut être rectifié par d’autres amendements au cadre juridique qui pourraient tenter de corriger les lacunes de cette solution législative.

Étiquetté :