Le jour du Jugement ou la fin du monde est un sujet favori des prophètes autoproclamés et des passionnés de théories du complot qui annoncent occasionnellement l’apocalypse de la civilisation, et dont les prédictions pourraient servir de modèle pour des scénarios de films d’horreur. Cependant, ils ne sont pas les seuls intéressés par cela. L’effondrement de la civilisation est un ancien thème étudié par des scientifiques également. En 1947, l’organisation à but non lucratif Bulletin of the Atomic Scientists, qui traite encore des risques de sécurité mondiale associés au développement technologique accéléré, a introduit l’Horloge de la fin du monde.
C’est une horloge symbolique qui avertissait à l’époque combien de minutes la civilisation était proche de minuit – c’est-à-dire, l’extinction dans une éventuelle guerre nucléaire. Aujourd’hui, ce risque a été rejoint par le changement climatique, l’instabilité géopolitique, les pandémies, l’intelligence artificielle (IA), les menaces cybernétiques, les impacts d’astéroïdes sur Terre… La vérité est qu’à peu près tous ces risques existentiels résultent de l’activité humaine, parfois aussi de forces naturelles. Les scientifiques les étudient et proposent des mesures de protection, tandis que les États négocient, jusqu’à présent sans succès, au niveau mondial sur la manière de sauver la planète.
Recherche sur les grands risques
Selon les estimations des analystes, l’humanité est au bord d’un précipice. Les guerres, la coercition économique, l’abus de l’intelligence artificielle et une baisse de la confiance dans les institutions la poussent vers le bas… Le Forum économique mondial rapporte régulièrement sur les risques existentiels mondiaux (‘Le Rapport mondial sur les risques 2026’), qui avertit cette année que le monde entre dans une instabilité prolongée. En plus de cela, d’autres organisations internationales s’attaquent également à cette question, comme la Global Challenges Foundation (GCF), qui inclut la démographie comme un risque potentiel en raison de la croissance de la population, des changements dans sa structure et des disparités qui auront un impact significatif sur la société et l’économie.
Le rapport du Forum économique mondial liste la guerre nucléaire, l’intelligence artificielle, les pandémies artificielles, les éruptions supervolcaniques, le changement climatique extrême comme des risques existentiels… La préparation a impliqué des scientifiques, économistes et politiciens de renommée mondiale, au total 1460, qui ont participé à l’ ‘Enquête sur la perception des risques mondiaux’.
Cependant, il n’est pas nécessaire de lire ce rapport pour comprendre quel genre de monde nous vivons et quelles menaces nous affrontons. Les médias apportent quotidiennement des nouvelles des champs de bataille en Ukraine et au Moyen-Orient, comptent les projectiles tirés, rapportent des attaques de drones et des avions militaires abattus, des attaques sur des navires dans le détroit d’Ormuz, la guerre hybride, et même des menaces d’armes nucléaires. Le président américain belliqueux Donald Trump impose des tarifs sur les pays désobéissants, menace d’abolir l’OTAN, veut saisir une île d’un autre pays, et forcer certains membres de l’UE à rejoindre sa guerre avec l’Iran…
Tempêtes, sécheresses et attaques de l’espace
Alors que l’année actuelle passe sous le poids des guerres et des risques géopolitiques et géo-économiques, les participants à l’ ‘Enquête sur la perception des risques mondiaux’ s’inquiètent également des événements météorologiques extrêmes : inondations, sécheresses et tempêtes dévastatrices, polarisation sociétale, désinformation, déclin économique, menaces aux droits de l’homme et aux libertés civiles, cyberattaques, inégalité sociale. En même temps, le Comité des Nations Unies sur l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS) et le Bureau des Nations Unies pour les affaires spatiales (UNOOSA) s’attaquent à la possible collision d’astéroïdes avec la Terre.
Mais les risques existentiels mondiaux qui sont au premier plan aujourd’hui ne seront pas les mêmes dans dix ans. Au lieu des risques géopolitiques et géo-économiques, selon le Forum économique mondial, d’ici 2036, les risques environnementaux dus au changement climatique et les menaces pour les écosystèmes et la perte de biodiversité domineront la liste. Cela provoquera des pénuries alimentaires, de nouvelles guerres, des migrations massives et des tensions sociales. Néanmoins, en raison du climat politique actuel et des guerres, des risques comme le changement climatique sont en arrière-plan. En effet, la tension géopolitique menace actuellement la sécurité énergétique, qui est primordiale, influençant de plus en plus les décisions politiques et mettant en attente les mesures climatiques malgré le risque croissant.
Armes de destruction massive
Avant que le changement climatique n’entraîne la fin du monde, cela pourrait être fait par des armes de destruction massive si un faux pas est commis par un président névrosé d’un État possédant de telles armes. L’augmentation des tensions géopolitiques et l’avancement technologique rapide menacent les accords existants contre l’utilisation des armes de destruction massive. Neuf pays possèdent des armes nucléaires, et selon le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), cinq d’entre eux sont des puissances nucléaires. La Russie en possède le plus, avec 5500 ogives ; les États-Unis sont deuxièmes avec 5000 ogives, et la Chine en avait 600 l’année dernière, mais on pense qu’elle en a plus maintenant.
La France se classe quatrième avec 290 ogives, et le Royaume-Uni en a 225. Israël, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord possèdent également des armes nucléaires. Alors que cette arme stimule une course aux armements, certains politiciens et généraux des puissances nucléaires provoquent et menacent avec des armes, donc tout peut arriver. Des accords vieux de plusieurs décennies pour freiner la prolifération des armes de destruction massive – le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, la Convention sur les armes biologiques et la Convention sur les armes chimiques – font face à de nombreux défis. Les tensions entre les acteurs clés entravent les efforts pour maintenir et faire respecter les lois et sapent les structures institutionnelles. Aujourd’hui, la technologie avancée influence également l’armement et la guerre, et les risques mondiaux deviennent de plus en plus imprévisibles. Comprendre cette question est essentiel pour prévenir les erreurs de calcul et réduire le danger croissant de l’utilisation d’armes nucléaires dans un environnement instable.
