Le vendredi 12 mai 2023, l’usine solaire d’Obrovac a été mise en service, alors la plus grande en Croatie. Avec une capacité d’environ 8,7 MW, c’était le premier investissement photovoltaïque majeur de l’État et un signal clair que la Croatie fait enfin un pas plus sérieux dans le domaine de l’énergie solaire. Bien qu’Obrovac soit maintenant dépassé en capacité, sa valeur symbolique demeure : c’était le début d’un saut retardé.
Début tardif, pas de manque de potentiel
La Croatie n’a pas de problème avec les conditions naturelles pour les sources renouvelables. Le rayonnement solaire, le vent et l’espace la placent parmi les pays les plus favorables de l’Union européenne. Le problème a été – et reste en partie – le manque d’une stratégie globale. D’ici 2023, l’énergie solaire n’avait qu’un rôle marginal dans le mix électrique, loin derrière l’hydroélectricité et les importations d’électricité.
Obrovac n’a pas changé le système, mais il a marqué un changement de paradigme : pour la première fois, l’État a clairement montré qu’il ne traite plus les sources renouvelables comme une expérience, mais comme une partie de la sécurité énergétique.
Le solaire n’est pas seul : éolien et cogénération
Le développement des sources renouvelables en Croatie n’a jamais progressé de manière synchronisée. Les centrales hydroélectriques ont été la base du système pendant des décennies, les parcs éoliens se sont développés partiellement et souvent spontanément, tandis que les centrales solaires et de cogénération (production simultanée de chaleur et d’électricité) sont arrivées tard et sans lien clair avec la politique industrielle.
Cela a conduit à un paradoxe : les capacités ont augmenté, mais le système qui doit les absorber – le réseau, le stockage et la gestion – ne s’est pas développé au même rythme.
Conflits de Zagorje sur le solaire
Avec la croissance des projets solaires, la question de l’espace s’est également posée. Les disputes actuelles concernant la construction de centrales solaires sur des terres agricoles de qualité, comme les cas à Pregrada et Zabok, ont montré que les sources renouvelables ne sont pas exemptes de conflits. Le conflit entre la transition énergétique et la protection de l’espace est devenu l’une des questions clés de la nouvelle politique énergétique.
Ainsi, les sources renouvelables passent d’un sujet « vert » au centre des discussions politiques locales et nationales.
Opportunité industrielle perdue
En plus d’encourager l’installation de panneaux solaires dans les ménages et les entreprises, la Croatie n’a pas développé d’industrie nationale d’équipement photovoltaïque, ni de production d’éoliennes, sauf pour quelques composants. La transition énergétique est ainsi devenue un projet d’importation : nous encourageons la consommation et l’installation, mais pas la production.
