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Usine solaire d’Obrovac et le chemin tortueux de la Croatie vers les sources renouvelables

<p>Bivši predsjednik Uprave HEP-a Frane Barbarić i premijer Andrej Plenković<br>
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Bivši predsjednik Uprave HEP-a Frane Barbarić i premijer Andrej Plenković   / Image by: foto

Le vendredi 12 mai 2023, l’usine solaire d’Obrovac a été mise en service, alors la plus grande en Croatie. Avec une capacité d’environ 8,7 MW, c’était le premier investissement photovoltaïque majeur de l’État et un signal clair que la Croatie fait enfin un pas plus sérieux dans le domaine de l’énergie solaire. Bien qu’Obrovac soit maintenant dépassé en capacité, sa valeur symbolique demeure : c’était le début d’un saut retardé.

Début tardif, pas de manque de potentiel

La Croatie n’a pas de problème avec les conditions naturelles pour les sources renouvelables. Le rayonnement solaire, le vent et l’espace la placent parmi les pays les plus favorables de l’Union européenne. Le problème a été – et reste en partie – le manque d’une stratégie globale. D’ici 2023, l’énergie solaire n’avait qu’un rôle marginal dans le mix électrique, loin derrière l’hydroélectricité et les importations d’électricité.

Obrovac n’a pas changé le système, mais il a marqué un changement de paradigme : pour la première fois, l’État a clairement montré qu’il ne traite plus les sources renouvelables comme une expérience, mais comme une partie de la sécurité énergétique.

Le solaire n’est pas seul : éolien et cogénération

Le développement des sources renouvelables en Croatie n’a jamais progressé de manière synchronisée. Les centrales hydroélectriques ont été la base du système pendant des décennies, les parcs éoliens se sont développés partiellement et souvent spontanément, tandis que les centrales solaires et de cogénération (production simultanée de chaleur et d’électricité) sont arrivées tard et sans lien clair avec la politique industrielle.

Cela a conduit à un paradoxe : les capacités ont augmenté, mais le système qui doit les absorber – le réseau, le stockage et la gestion – ne s’est pas développé au même rythme.

Conflits de Zagorje sur le solaire

Avec la croissance des projets solaires, la question de l’espace s’est également posée. Les disputes actuelles concernant la construction de centrales solaires sur des terres agricoles de qualité, comme les cas à Pregrada et Zabok, ont montré que les sources renouvelables ne sont pas exemptes de conflits. Le conflit entre la transition énergétique et la protection de l’espace est devenu l’une des questions clés de la nouvelle politique énergétique.

Ainsi, les sources renouvelables passent d’un sujet « vert » au centre des discussions politiques locales et nationales.

Opportunité industrielle perdue

En plus d’encourager l’installation de panneaux solaires dans les ménages et les entreprises, la Croatie n’a pas développé d’industrie nationale d’équipement photovoltaïque, ni de production d’éoliennes, sauf pour quelques composants. La transition énergétique est ainsi devenue un projet d’importation : nous encourageons la consommation et l’installation, mais pas la production.

Un schéma similaire est visible dans les parcs éoliens, où il y avait même une accumulation de capital initial encore plus prononcée, ou un partenariat public-privé à la croate.

Le roi croate du vent a saisi l’opportunité

La société énergétique d’État HEP a mené les premières recherches systématiques sur le potentiel éolien, mais les accords énergétiques les plus favorables, et pour les emplacements les plus favorables, ont été obtenus par l’ancien directeur de HEP responsable de la stratégie, des investissements et du développement d’entreprise Ante Ćurković et ses membres de la famille. Il y a plus d’une décennie, une plainte criminelle a été déposée contre le ‘roi du vent croate’, et l’affaire a suscité l’intérêt des médias et du bureau de lutte contre la corruption. Cependant, il n’existe aucune information disponible publiquement indiquant que le processus a abouti à une inculpation ou à un verdict final.

Cela a également laissé de côté une réponse institutionnelle à la question de savoir comment les données énergétiques publiques et la recherche publique ont été transformées en rente privée, ce qui a renforcé l’impression que le secteur renouvelable s’est développé sans règles claires et transparentes.

Test de résistance énergétique

L’usine solaire d’Obrovac, ainsi que les projets ultérieurs, ont montré que la Croatie peut accélérer lorsqu’elle le décide. Mais en même temps, ils ont ouvert une question clé : combien un tel système peut-il vraiment supporter.

Dans ce sens, le projet annoncé Pantheon à Topusko – un grand centre d’intelligence artificielle avec une consommation d’électricité énorme – agit comme un test de résistance énergétique. Même avec une forte croissance des sources renouvelables, la Croatie peut à peine produire les quantités d’électricité qu’un tel projet consommerait sans changements profonds dans le réseau, le stockage et les capacités de production.

Changement stratégique dans la dépendance

L’usine solaire d’Obrovac a été un début important, mais aussi un rappel que la transition énergétique n’est pas seulement une question de technologie, mais aussi d’espace, d’industrie, d’institutions, de confiance et de stratégie. La Croatie est entrée dans les sources renouvelables tard, partiellement et de manière non systématique, et maintenant – au milieu d’une crise énergétique mondiale – elle fait face aux conséquences de ce retard.

En ce qui concerne la stratégie, il semble que le seul changement soit que nous passons d’une dépendance à l’huile (russe) à une dépendance au gaz (américain).

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