Contrairement aux révolutions technologiques précédentes qui ont automatisé le travail physique, la vague de développement de l’intelligence artificielle cible directement les professionnels hautement qualifiés et bien rémunérés, ce qui est la principale conclusion d’une vaste étude sur l’impact de la soi-disant ‘intelligence artificielle basée sur des agents’ sur l’avenir du travail, menée par la société de gestion des risques Coface et l’Observatoire des Métiers Menacés et Émergents (OEM).
Comme l’expliquent Aurélien Duthoit, analyste chez Coface, et Axelle Arquié, chercheuse et co-fondatrice de l’OEM, lors d’une conférence de presse en ligne, l’intelligence artificielle devient lentement un participant indépendant sur le marché du travail mondial, ce qui présente des avantages mais aussi des inconvénients.
Les emplois physiques les plus sûrs
En analysant plus de 900 professions dans 12 économies mondiales clés, les chercheurs ont cartographié le potentiel d’automatisation par l’IA. L’une des conclusions les plus importantes est que les emplois nécessitant une présence physique et une interaction avec le monde matériel sont actuellement les plus résistants aux changements apportés par l’automatisation. Cette connexion à l’environnement tangible protège d’une certaine manière les employés, car l’intelligence artificielle, malgré sa logique avancée, ne peut toujours pas remplacer la dextérité et l’ingéniosité humaines.
De même, les emplois dans la construction, l’hôtellerie ou la fabrication ont un taux d’exposition à l’automatisation de moins de 10 pour cent, car les modèles d’intelligence artificielle d’aujourd’hui ont encore du mal à naviguer dans les espaces physiques.
D’autre part, les emplois qui impliquent le traitement d’informations et de données (les soi-disant emplois de traitement) sont en première ligne de l’impact. Les analystes financiers, les avocats, le personnel administratif et les ingénieurs informatiques ne sont plus protégés par leurs connaissances formelles.
Comme l’ont expliqué les experts de Coface, l’intelligence artificielle ‘basée sur des agents’ représente la deuxième phase de la révolution qui sera capable de planifier, de gérer des dossiers et d’exécuter des tâches complexes de manière indépendante sans supervision humaine constante dans les cinq prochaines années. Cela signifie que l’intelligence artificielle prendra bientôt complètement en charge certaines tâches humaines, mais pas toutes.
La Croatie est en sécurité pour l’instant
De plus, la résistance de chaque pays à ces changements dépend principalement de la structure de son économie, les chercheurs ayant clairement défini les régions européennes selon leur niveau de risque.
