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Bruxelles subventionnera les entreprises et la production en dehors de l’UE

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L’Union européenne prépare une nouvelle politique industrielle qui pourrait ouvrir la porte à des subventions pour la production en dehors de l’UE elle-même. Le paquet législatif s’appelle Loi sur l’Accélérateur Industriel, et Bruxelles tente de renforcer la base industrielle du continent et d’augmenter la part de la fabrication dans l’économie. Elle prévoit également d’« étendre la main » aux pays avec lesquels l’UE a signé des accords commerciaux et que Bruxelles considère comme des partenaires fiables.

Condition de Réciprocité

Parmi ces pays figurent le Royaume-Uni, le Japon, la Norvège, la Suisse, la Corée du Sud, le Canada et l’Australie, et finalement, jusqu’à quarante pays pourraient être inclus dans le système. La condition est la réciprocité : si leurs entreprises souhaitent participer aux programmes de soutien industriel européens, les fabricants européens doivent également se voir accorder l’accès à leurs marchés, aux marchés publics et aux projets industriels.

Cela fait partie d’un nouveau paquet législatif par lequel Bruxelles essaie de renforcer la base industrielle du continent et d’augmenter la part de la fabrication dans l’économie. L’objectif est d’élever la part de l’industrie dans le produit intérieur brut de l’UE à environ 20 % d’ici le milieu de la prochaine décennie, étant donné que cette part est tombée à un peu plus de 14 % ces dernières années.

Subventions pour une gamme de secteurs

Les subventions s’appliqueraient à une gamme de secteurs considérés comme stratégiques : la production de véhicules électriques, de batteries, d’énergie propre, d’aluminium, de ciment et d’autres industries importantes pour la transition énergétique et l’autonomie technologique de l’Europe.

L’inclusion de pays partenaires représente un changement significatif par rapport aux idées initiales de certains États membres qui prônaient une règle stricte de « fabriqué dans l’UE ». La France, par exemple, cherchait à réserver l’argent public européen exclusivement à la production au sein de l’Union. Cependant, dans la proposition finale, la Commission a opté pour un modèle plus large qui tente de concilier protection industrielle avec la réalité des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Une telle approche est particulièrement importante pour le secteur automobile, qui est profondément intégré avec des fabricants du Japon, de la Corée du Sud et du Royaume-Uni. Exclure ces pays des projets industriels pourrait sérieusement perturber les chaînes d’approvisionnement européennes.

Subventions pour les entreprises

En pratique, cela ne signifie pas que les subventions iraient directement aux pays étrangers, mais plutôt que des entreprises de pays partenaires pourraient participer à des projets industriels européens et à des consortiums qui reçoivent un soutien public.

Par exemple, un fabricant japonais de composants de batteries pourrait participer à un projet de développement de batteries conjoint avec un constructeur automobile européen ou une entreprise technologique, une partie du projet pouvant potentiellement recevoir un soutien financier de fonds européens ou de programmes de soutien nationaux.

En d’autres termes, l’objectif n’est pas de financer la production en dehors de l’Europe mais de s’assurer que des parties clés des chaînes d’approvisionnement mondiales restent connectées à l’industrie européenne.

Conditions supplémentaires

En même temps, Bruxelles introduit des conditions supplémentaires pour les grands investissements en provenance de pays qui dominent certaines technologies. Les investissements dépassant environ 100 millions d’euros devront inclure des fournisseurs européens, employer de la main-d’œuvre locale et partager une partie de la technologie avec des partenaires européens. C’est une tentative de la Commission d’éviter un scénario où des entreprises étrangères ouvrent des usines en Europe qui fonctionnent en isolation de l’écosystème industriel européen.

Une partie du paquet concerne également l’accélération de l’émission de permis pour les projets industriels. Bruxelles souhaite simplifier les procédures administratives et réduire le temps nécessaire pour lancer de nouvelles installations de fabrication, ce qui est souvent cité comme l’une des faiblesses de l’environnement industriel européen par rapport aux marchés américains et asiatiques.

Lex Chine

Cependant, le véritable contexte politique de ce paquet réside dans la pression croissante de l’industrie chinoise, en particulier dans le secteur des véhicules électriques. Les fabricants chinois ont considérablement augmenté leur présence sur le marché européen ces dernières années, et leurs voitures sont souvent significativement moins chères que les modèles européens.

Des entreprises comme BYD, SAIC Motor ou Geely étendent rapidement leurs ventes en Europe, tandis que l’industrie chinoise domine simultanément la production mondiale de batteries et de composants clés pour les véhicules électriques.

À Bruxelles, il y a donc une discussion croissante sur la nécessité pour l’Europe de protéger sa propre base industrielle contre une concurrence qui, selon les institutions européennes, est fortement soutenue par des subventions d’État.

En conséquence, certains analystes appellent déjà ce paquet ‘Lex Chine’ de manière informelle. Bien que la loi ne soit pas formellement dirigée contre un pays, ses mécanismes ciblent largement le modèle de production qui s’est développé dans l’industrie chinoise des véhicules électriques et des batteries.

La Commission européenne a déjà lancé une enquête anti-subventions sur les voitures électriques chinoises l’année dernière, et le nouveau paquet industriel représente une tentative plus large de renforcer la compétitivité de la fabrication européenne à long terme.

En même temps, en incluant des pays comme le Japon ou le Royaume-Uni, Bruxelles essaie d’éviter un protectionnisme complet et de créer un bloc industriel plus large d’économies développées. En pratique, cela signifierait connecter l’industrie européenne avec des partenaires qui partagent des normes similaires et des préoccupations concernant la domination croissante de la production chinoise dans des technologies clés.

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