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Analyse de Forvis Mazars : Le secteur bancaire croate est un leader dans la région CEE

Image by: foto Lider

Le secteur bancaire croate a montré des améliorations significatives dans ses opérations au cours des dernières années, devenant un leader dans certains indicateurs en Europe centrale et orientale. Voici quelques-unes des conclusions de l’analyse de la société de conseil Forvis Mazars intitulée ‘Résilience stratégique dans le secteur bancaire en Europe centrale et orientale’. En termes de vue macroéconomique, les analystes de la société soulignent que les banques en Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Roumanie et Croatie ont été confrontées à des changements de politique monétaire ces dernières années, ainsi qu’à des défis inflationnistes post-pandémiques.

Malgré cela, les banques de cette région sont restées résilientes grâce à des fondamentaux financiers solides, une supervision commerciale conservatrice et une intégration accrue dans le système financier européen. Dans ces six pays, une approche différente de leurs banques centrales en réponse aux pressions inflationnistes qui ont émergé après 2021 est également notable. Par exemple, en Hongrie, qui a connu la plus forte inflation, la banque centrale a d’abord initié un cycle de hausses de taux d’intérêt, pour commencer à les réduire en 2024.

Haute adéquation des fonds propres

D’autre part, la Pologne a appliqué une approche nettement plus restrictive, tandis que les banques centrales de la République tchèque et de la Hongrie ont opté pour un ajustement progressif de la politique monétaire en ligne avec les tendances plus larges de la zone euro. Néanmoins, le secteur bancaire de la région CEE a prouvé sa forte résilience. Les ratios d’adéquation des fonds propres sont restés ‘bien’ au-dessus des exigences minimales réglementaires, tandis que les niveaux de prêts non performants (‘mauvais’) ont systématiquement diminué. Les banques croates et roumaines ont maintenu des buffers de capital particulièrement élevés.

En Croatie, il est supérieur à 22 %, tandis qu’en 2021, l’adéquation des fonds propres était de 25,6 %, selon l’étude. Les banques roumaines ont augmenté leur adéquation des fonds propres de 23 à 25 % actuellement. La plus faible adéquation des fonds propres se trouve dans les banques slovaques et hongroises, à 20,1 %. En ce qui concerne la rentabilité, entre 2018 et 2024, le revenu net d’intérêts et les marges d’intérêts des banques en Europe centrale et orientale ont positivement reflété l’environnement macroéconomique favorable, traduit par les hausses de taux d’intérêt de la BCE après 2021 et une forte croissance du crédit.

En Pologne, le revenu d’intérêts des banques locales a bondi de 5,45 milliards d’euros en 2021 à 13,8 milliards d’euros. Dans le cas croate, le revenu net d’intérêts des banques a augmenté de 137 millions d’euros à 317 millions d’euros. L’analyse indique que le secteur bancaire croate a démontré une force financière significative et une transformation numérique stable, devenant un acteur essentiel du système financier européen.

Explosion du crédit

Notre secteur bancaire a enregistré une forte expansion des bénéfices dans la période précédant l’introduction de l’euro (janvier 2023), tirant parti de la croissance de la demande de prêts et de marges plus larges. Après l’introduction de l’euro, les marges ont commencé à se rapprocher des niveaux de la zone euro. La marge est passée de 1,8 en 2022 à 2,8 % en 2023 et 2024. En termes d’efficacité opérationnelle, le ratio coût/revenu s’est considérablement amélioré, passant de 62,1 en 2021 à 51,9 % en 2024. Dans le chapitre sur le marché du crédit dans la région, l’analyse souligne qu’il est caractérisé par une forte demande de prêts immobiliers dans la région CEE, tandis que le crédit aux entreprises, ajusté pour l’inflation, a en fait diminué dans certains pays.

D’autre part, les dépôts des ménages restent la principale source de financement, soutenus par une épargne élevée et un comportement de consommation prudent. Les banques font face au défi d’une liquidité excédentaire, car la croissance des dépôts dépasse souvent la demande réelle de nouveaux prêts dans un environnement de taux d’intérêt élevés. Le plus grand marché ici est, bien sûr, la Pologne, avec un portefeuille de prêts d’une valeur de 400 milliards d’euros à la fin de l’année dernière. L’échelle du marché polonais est parfaitement illustrée par le fait que son portefeuille de prêts est 40 % plus précieux que celui du prochain concurrent le plus proche, la République tchèque.

En termes de dynamique de prêt, la Croatie se classe dans la partie supérieure de l’échelle. La Roumanie enregistre la croissance la plus dynamique, supérieure à 30 %, tandis qu’en Croatie, cette croissance était de 24 %, passant de 55 à 68 milliards d’euros. Le principal moteur de la croissance a été les prêts immobiliers, souvent soutenus par des subventions d’État. La part de la dette des ménages dans le PIB est tombée de 40 % en 2020 à 32,7 % en 2024. La recherche souligne également que l’introduction de l’euro a éliminé le risque de change, renforcé la confiance des déposants et réduit les coûts de financement.

Conversion à la moyenne

La qualité des actifs s’est considérablement améliorée dans toute la région grâce à un nettoyage actif des bilans, des amortissements et de meilleures pratiques de recouvrement. Les pays qui avaient auparavant des niveaux élevés de prêts non performants, comme la Croatie et la Roumanie, ont réussi à converger vers la moyenne régionale. Cependant, les banques doivent rester prudentes en raison de nouveaux risques géopolitiques et des prochains tests de résistance de la BCE prévus pour 2026.

La Croatie est également un exemple à cet égard – elle a réalisé la plus grande amélioration de la qualité du portefeuille dans toute la région CEE. Les niveaux de prêts non performants (NPL) ont diminué de 7,3 % au début de 2019 à environ 2,4 % d’ici mi-2024, une baisse de près des deux tiers. Ce progrès est le résultat de normes de prêt plus strictes et de la résolution efficace des prêts non performants hérités des crises précédentes, conclut l’analyse.

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