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Malgré des bénéfices records, les valorisations de marché des banques à des niveaux historiquement bas

En 2024, les banques ont réalisé un bénéfice net record pouvant atteindre 1,2 trillion de dollars, et les actifs intermédiaires totaux ont atteint un incroyable 426 trillions de dollars, soit quatre fois le PIB mondial.

Cependant, malgré ces succès, les valorisations de marché des banques sont à des niveaux historiquement bas : en moyenne, elles sont même deux tiers inférieures à celles d’autres secteurs économiques, et le retour sur fonds propres des banques dépasse à peine le coût de ce capital.

Ce sont les résultats d’une étude de McKinsey & Company intitulée ‘Global Annual Banking Review 2025: Why Precision, Not Size, Determines the Future of Banking’, qui présente la dernière analyse du secteur bancaire mondial.

McKinsey voit les raisons de ce paradoxe dans la fin du cycle des taux d’intérêt élevés, les changements démographiques et les habitudes des utilisateurs, une concurrence plus forte du secteur fintech, et les effets extraordinaires des stimuli pandémiques qui ont temporairement augmenté les économies. Les modèles de croissance existants, basés sur la technologie, la taille ou la segmentation de masse, sont en train de disparaître.

La recherche avertit donc qu’aucune de ces stratégies ne fournit la nouvelle valeur nécessaire. Pour que les banques avancent, elles ont besoin de nouvelles solutions.

La banque de précision comme nouvel avantage concurrentiel

En effet, le sort du secteur pourrait être déterminé par l’intelligence artificielle. Les agents IA pourraient réduire la rentabilité des banques jusqu’à 170 milliards de dollars, en particulier dans les segments des dépôts et des transactions de paiement, à moins que les banques n’adoptent une approche stratégique de l’intelligence artificielle, l’utilisant pour augmenter les rendements et l’efficacité.

Les banques qui seront les premières à intégrer l’IA au cœur de leurs opérations quotidiennes peuvent atteindre jusqu’à quatre points de pourcentage de retour sur fonds propres en plus par rapport à leurs concurrents. En revanche, celles qui sont lentes risquent d’obtenir des bénéfices inférieurs à long terme.

L’IA, affirme McKinsey, réduira les coûts des banques (dans certaines catégories jusqu’à 70 pour cent) et leur permettra de construire des relations plus précises avec les clients. Cette banque de précision devient un nouvel avantage concurrentiel, car les banques performantes utiliseront l’IA pour créer des produits adaptés à chaque client individuel et réaliseront des acquisitions basées sur les capacités, et non uniquement sur la taille.

Rien sans services numériques

De plus, les consommateurs deviennent moins fidèles aux institutions et recherchent des expériences personnalisées. La recherche de McKinsey montre que seulement quatre pour cent des Américains choisissent automatiquement leur banque existante pour un nouveau produit, ce qui représente une baisse drastique par rapport aux années précédentes. En même temps, plus de la moitié des clients utilisent des outils financiers générés par l’IA, tandis qu’ presque tout le monde est prêt à changer de banque s’ils n’offrent pas de services numériques modernes.

Par conséquent, dans la période à venir, la précision n’est pas seulement une stratégie ; c’est le chemin vers une croissance rentable. Si les banques exploitent avec succès les outils disponibles, le grand écart dans leurs valorisations pourrait commencer à se réduire, conduisant à la création de valeur pour celles qui réussissent, conclut la recherche.

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