Au cours de la dernière décennie, la Croatie a réduit le fardeau fiscal sur les revenus du travail, les changements affectant le plus significativement les employés à hauts revenus. Pour les travailleurs ayant des salaires moyens, la part des impôts et des contributions dans le salaire brut est restée presque inchangée, comme le montre une analyse basée sur des données concernant des employés standardisés hypothétiques, écrit Ivica Urban dans le dernier numéro de la Revue de l’Institut des Finances Publiques, où il analyse le fardeau fiscal sur les revenus du travail en Croatie et le compare avec certains États membres de l’UE.
Comparée aux pays de l’UE, la Croatie se classe au milieu de l’échelle du fardeau fiscal sur les revenus du travail, ce qui s’applique tant aux employés ayant des salaires moyens qu’à ceux ayant des salaires plus élevés. Les employés à hauts salaires en Croatie paient plus d’impôts que leurs homologues en République tchèque, en Slovaquie ou en Hongrie, mais moins qu’en Slovénie, en Italie ou en Autriche. Ainsi, la Croatie ne fait pas partie des pays avec le fardeau fiscal le plus élevé sur le travail, mais elle n’offre pas non plus un cadre suffisamment compétitif pour attirer et retenir des professionnels hautement qualifiés.
La Revue examine des variantes de changements fiscaux qui réduiraient davantage le fardeau fiscal sur les employés à hauts revenus. Parmi les propositions figurent l’introduction d’une base de contribution maximale pour l’assurance maladie, une réduction de la base maximale pour les contributions de retraite, une baisse du taux d’imposition sur le revenu supérieur, et une augmentation du seuil au-dessus duquel ce taux s’applique. De telles mesures augmenteraient les salaires nets des employés bien rémunérés et pourraient être conçues pour ne pas représenter un coût significatif pour les budgets publics.
Clé pour le développement à long terme de l’économie
La proposition spécifique de réduction fiscale sur les hauts salaires comprend quatre changements :
1. Introduction d’une base maximale pour le calcul des contributions pour l’assurance maladie, au niveau de cinq salaires bruts moyens de l’année précédente.
2. Réduction de la base maximale pour les contributions à l’assurance retraite de six à cinq salaires bruts moyens de l’année précédente.
3. Augmentation du seuil d’application du deuxième taux d’imposition sur le revenu à 7 200 euros par mois.
4. La ville où réside l’employé choisit le taux d’imposition sur le revenu secondaire le plus bas autorisé – qui est de 25 pour cent.
Selon ces estimations, les revenus des contributions à l’assurance maladie diminueraient en 2025 de 55 millions d’euros (1,2 pour cent), des contributions pour le premier pilier de l’assurance retraite de 14 millions d’euros (0,3 pour cent), et de l’impôt sur le revenu de 51 millions d’euros (soit 1,8 pour cent).
– Les travailleurs hautement éduqués et qualifiés sont essentiels au développement à long terme de l’économie. Les retenir en Croatie, ainsi qu’attirer des professionnels de l’étranger, dépend largement du cadre fiscal. Les mesures proposées montrent qu’il est possible de réduire le fardeau fiscal sur le travail et ainsi d’augmenter la compétitivité sans compromettre la stabilité des finances publiques – souligne l’auteur de l’analyse, Ivica Urban.
