L’Association des Sources d’Énergie Renouvelable de Croatie (OIEH), en collaboration avec les associations SolarPower Europe et WindEurope, a envoyé une lettre conjointe à la Commission européenne avertissant du blocage des investissements dans les énergies renouvelables en Croatie. La Commission est exhortée à utiliser tous les instruments pour inciter le gouvernement de la République de Croatie à agir de toute urgence.
Les signataires font appel à la Commission européenne pour demander au gouvernement croate trois mesures clés : l’introduction d’un tarif de connexion de zéro €/kW, l’ouverture du marché d’équilibrage pour les sources renouvelables, et l’inclusion de l’électrification et du stockage d’énergie dans les plans nationaux.
La lettre souligne que 60 projets d’une capacité totale de 3,5 GW sont bloqués en Croatie, allant des centrales solaires et éoliennes aux systèmes géothermiques et de batteries, d’une valeur de plus de trois milliards d’euros. Les investisseurs ont déjà payé 25 millions d’euros pour ces projets par le biais d’approbations énergétiques, mais en raison de retards réglementaires, ces approbations devraient expirer à la fin de l’année, ce qui entraînerait une perte irréversible des fonds investis pour les projets.
Comme l’a précédemment rapporté Lider, le blocage est survenu en raison d’un retard de trois ans de l’Agence de Régulation Énergétique de Croatie (HERA) dans l’établissement du prix de connexion unitaire, malgré le fait que cela soit une obligation légale depuis 2022.
– HOPS tente de transférer les coûts de modernisation du réseau, prévus il y a plus d’une décennie et sans lien avec de nouveaux projets, sur les projets OIE. De cette manière, les projets deviennent 30 à 40 % plus chers, les rendant non rentables. Un tel modèle de financement pour le réseau n’est pas une pratique européenne ; 80 % des États membres de l’UE s’appuient sur des fonds de l’UE et le budget de l’État, et non sur les producteurs.
Le ministre de l’Économie a annoncé en mars un tarif de 0 €/kW et des contrats flexibles pour encourager l’investissement dans le stockage par batteries, mais cette promesse n’a pas encore été tenue. Si aucune action n’est entreprise, jusqu’à 2,5 GW de projets seront abandonnés la semaine prochaine lorsqu’ils recevront la décision de HOPS, ce qui signifierait que des entreprises se retireraient du marché croate et perdraient des millions d’investissements qui réduiraient de manière permanente les prix de l’énergie dans le pays, déclare le communiqué de l’OIEH, dirigé par Maja Pokrovac.
En effet, l’Institut de l’Énergie Hrvoje Požar a récemment réalisé une analyse pour HOPS, qui indique qu’un investissement de 480 millions d’euros est nécessaire pour la connexion des centrales mentionnées, et selon ce calcul, les investisseurs devraient payer 181 €/kW pour la connexion, rendant les projets non rentables.
– L’analyse mentionnée est discutable pour trois raisons clés : elle inclut des investissements dans le réseau de transmission qui ont été planifiés depuis plus d’une décennie, les représentant comme ayant été causés par ces projets OIE. Elle exclut les projets de 2025, y compris 691 MW de stockage par batteries autonomes, et prédit des surcharges du réseau dans un scénario irréaliste. En raison de ces hypothèses, les coûts que HOPS transférera aux producteurs d’énergie seront irréalistes, ce qui signifie qu’un grand nombre de projets seront abandonnés, et la Croatie risque de perdre des milliards d’investissements, ainsi que des prix de l’électricité à long terme plus bas que ces projets apporteraient, a expliqué l’OIEH.
