Home / Affaires et Politique / Une année cruciale pour le marché des capitaux de Londres : Shein peut-il sauver la LSE ?

Une année cruciale pour le marché des capitaux de Londres : Shein peut-il sauver la LSE ?

Cette année marque un moment décisif pour le marché des capitaux de Londres, qui fait face à des défis depuis plusieurs années. Quatre ans après la révision des règles de cotation dirigée par Lord Hill, le marché reste stagnant, écrit le FT.

Selon les données de la plateforme financière Dealogic, l’année dernière, de nouvelles entreprises ont levé un montant record de 737 millions de livres à Londres, tandis que le nombre de nouvelles cotations est tombé en dessous de 20 – le plus bas depuis la crise financière de 2009. Cela met en évidence les défis persistants pour la capitale financière, qui était autrefois le choix principal pour les entreprises cherchant à lever des capitaux, note également le Financial Times.

Alors que de plus en plus d’entreprises se tournent vers les marchés américains à la recherche d’une plus grande liquidité et de valorisations plus élevées, les décideurs britanniques tentent de relancer la Bourse de Londres par le biais de réformes et en encourageant les fonds de pension à investir dans des actions nationales. De plus, des changements réglementaires, tels que la réduction de la bureaucratie et des règles de cotation plus flexibles, devraient améliorer la compétitivité de la Bourse de Londres par rapport aux bourses concurrentes de New York, Francfort et Hong Kong.

Attaque de la concurrence

La Bourse de Londres (LSE) a joué un rôle clé dans la finance mondiale pendant des décennies, mais ces dernières années, elle a fait face à une concurrence sérieuse. Les marchés américains, dirigés par le Nasdaq et le NYSE, ont attiré de nombreuses entreprises mondiales, grâce à une liquidité plus profonde, des valorisations plus élevées et une base d’investissement plus solide. Le gouvernement britannique, avec le London Stock Exchange Group (LSEG), a lancé une série d’initiatives pour restaurer la compétitivité de Londres, y compris l’assouplissement des règles de cotation, divers incitatifs pour les fonds de pension et un accent sur la fintech.

Bien que de nombreuses entreprises fintech aient reporté leurs introductions en bourse à 2026, telles que Zilch, eToro et Klarna, qui préfèrent le marché américain, certaines espèrent encore une meilleure situation à Londres cette année.

Qui prépare une introduction en bourse

Dans le secteur fintech, les entreprises Ebury, Zopa et ClearScore se distinguent.

Ebury, une entreprise de services de paiement fintech appartenant à la banque espagnole Santander, prépare apparemment une introduction en bourse à Londres qui pourrait valoir environ 2 milliards de livres. Ebury a été fondée en 2009, offrant des paiements transfrontaliers, la gestion des risques de change et des prêts aux entreprises. La cotation d’Ebury sera étroitement surveillée, surtout après l’introduction en bourse infructueuse de CAB Payments, dont les actions ont chuté de plus de 70 pour cent dans les trois mois suivant la cotation en 2023.

Le prêteur numérique Zopa, soutenu par SoftBank, pourrait rechercher une cotation après être devenu rentable l’année dernière. Bien que le PDG Jaidev Janardana préfère Londres comme marché de cotation, l’entreprise attendra des conditions plus favorables avant de prendre des mesures concrètes.

La plateforme de notation de crédit ClearScore considère Londres comme son ‘foyer naturel’ pour la cotation, grâce à sa forte présence sur le marché britannique. L’entreprise, qui a été évaluée pour la dernière fois à 700 millions de dollars, est très susceptible d’atteindre une introduction en bourse en 2026.

En ce qui concerne la finance, plusieurs entreprises intéressantes se distinguent, notamment Parametra et Shawbrook.

Le courtier interbancaire TP ICAP envisage de scinder son unité de vente de données de marché, Parametra, dans le cadre d’une introduction en bourse qui pourrait atteindre une valeur de 1,5 milliard de livres. Cependant, l’entreprise envisage également la possibilité d’une cotation à New York, ce qui sera finalement décidé plus tard. Une autre entreprise issue du secteur financier, Shawbrook, est détenue en privé par BC Partners et Pollen Street Capital et prévoit une introduction en bourse dans la première moitié de cette année avec une valorisation ciblée de 2 milliards de livres.

Dans le secteur industriel, le conglomérat grec Metlen Energy & Metals a annoncé des plans pour ajouter une cotation principale à la Bourse de Londres, en plus des échanges existants à Athènes. Il y a aussi la compagnie aérienne nationale lettone AirBaltic, qui envisage Londres comme une possibilité pour une introduction en bourse, ainsi qu’une double cotation sur son marché d’origine à Riga.

Rien ne se passe sans le secteur de la consommation, où Shein, un détaillant de mode rapide en ligne à forte croissance, pourrait réaliser une introduction en bourse à Londres cette année, avec une valeur potentielle de 50 milliards de livres. Shein avait initialement ciblé New York mais a redirigé son attention vers Londres en raison d’obstacles réglementaires.

De plus, le grand acteur Unilever prévoit de scinder sa division des glaces, évaluée à 15 milliards d’euros, mais il n’a pas encore été décidé si la cotation se fera à Londres ou dans une autre capitale financière.