Dans les guerres telles que nous les avons connues, les hauts commandants militaires ne meurent pas souvent. Après avoir perdu une guerre, s’ils ont la malchance que le vainqueur ne se soucie pas des Conventions de Genève, les pertes de commandants peuvent alors devenir massives, sous la forme de la liquidation des vaincus. L’organisation politico-militaire islamiste Hezbollah, qui opère au Liban comme un bras étendu du régime iranien, a perdu plus de cinq cents opérateurs, tant des commandants militaires de haut rang que des commandants de terrain, même avant que l’escalade militaire conventionnelle entre elle et Israël ne commence.
Après une opération sans précédent (évidemment Mossad) avec des informateurs qui ont explosé dans les poches des opérateurs militaires et politiques du Hezbollah, semant la panique et le chaos dans leurs rangs, une opération israélienne chirurgicalement précise a suivi pour liquider des commandants de haut rang du Hezbollah qui s’étaient réunis en direct à Beyrouth, profondément sous terre, pour éviter le danger d’explosions potentielles d’appareils servant d’aides à la communication. Tout cela s’est produit quelques jours avant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’annonce le début de l’opération militaire israélienne ‘Flèche du Nord’, visant à neutraliser les activités militaires du Hezbollah depuis le sud du Liban, à sécuriser la bande frontalière nord d’Israël, et à ramener chez eux la population déplacée après le 7 octobre de l’année dernière en raison de la ‘guerre de soutien’ du Hezbollah pour le Hamas à Gaza.
Une guerre de nouvelle génération
C’est, évidemment, la ‘guerre de nouvelle génération’ annoncée, qui semble s’être terminée ou du moins avoir été close, même avant de commencer formellement. Avant l’annonce de la nouvelle opération militaire israélienne, la plupart des commandants adverses du Hezbollah ont été neutralisés, et la panique a été semée parmi les autres. Ainsi, les capacités militaires du Hezbollah ont été drastiquement réduites, et l’histoire du Hezbollah comme la plus forte armée qui n’est pas officiellement une armée d’État est devenue, du moins pour un temps, une partie de l’histoire.
Les menaces de vengeance envoyées d’un endroit caché ces jours-ci par le leader religieux et politique du Hezbollah Hassan Nasrallah sonnent de plus en plus comme des menaces d’un pistolet vide. Nasrallah est, comme l’annoncent les analystes militaires, une cible logique dans cette guerre de nouvelle génération. Par conséquent, sa priorité actuelle est de sécuriser son propre abri, de vérifier l’informateur et le téléphone mobile, et surtout les personnes qui le protègent. En effet, à ce stade de la guerre au Moyen-Orient, Israël a montré une domination absolue sur ses adversaires, non seulement sur le plan technologique, comme l’opération avec des informateurs, mais aussi dans la profondeur de l’infiltration du renseignement dans les rangs ennemis, ce qui sème un chaos encore plus grand que la technologie.
