Les disputes publiques et professionnelles sur le type de capitalisme dans lequel nous vivons peuvent être rapidement interrompues en examinant la part de l’État dans l’économie globale. Bien que son influence, entre autres dans le contexte des dépenses budgétaires et des marchés publics, soit significativement plus grande (depuis des années, les estimations tournent autour de 60 % de part dans l’économie), une mesure pas si mauvaise est le nombre d’entreprises en propriété d’État. Bien que le nombre d’entreprises sous l’égide de l’État ne change pas (il tourne autour de mille depuis des années), la tendance est bonne : leur part dans l’économie est en diminution. Mesurée par le chiffre d’affaires (de sept à 5,3 % en cinq ans) et le nombre d’employés (de 10,2 à 9,2 %) et la valeur nouvellement créée (de 12,4 à 8,8 %).
Cependant, cela ne s’est pas produit en raison d’une politique gouvernementale active et (bien) intentionnée, mais en raison de l’épanouissement du secteur privé, surtout au cours des trois à quatre dernières années. Et dans la précipitation des bonnes tendances du PIB, nous avons en quelque sorte oublié le type de capitalisme au début de l’histoire. Le capitalisme de copinage est seulement occasionnellement porté à notre attention, d’un scandale à l’autre, et dans le temps entre les bouleversements médiatiques, nous oublions régulièrement d’exiger la réforme des entreprises publiques. Ce qui reste obstinément absent. Et il y a au moins 13,5 milliards d’euros de raisons pour cela. C’est le montant des revenus des entreprises publiques dont la politique tire son véritable pouvoir.
Tout est une question de timing
Personne, bien sûr, ne s’attend à ce que quiconque abandonne volontairement. Heureusement, l’adhésion à divers clubs (OTAN, UE, zone euro, Schengen…) a permis de réaliser des réformes que nous n’aurions pas accomplies même sur notre lit de mort. L’année prochaine, nous devrions rejoindre l’OCDE, et pour cela, nous devons retrousser nos manches un peu. Et apporter une nouvelle loi sur les entreprises en propriété d’État qui devrait, après trente ans, briser le recrutement politique à la hache. Cependant, l’économiste Velimir Šonje note que la loi sera également aidée par plusieurs circonstances ‘externes’ : les critères pour la mise en œuvre du NPOO ; les pressions du marché du travail où il y a une pénurie de travailleurs et dont les entrepreneurs privés exigent de plus en plus que le secteur public cesse d’absorber l’offre de travail et que le progrès technologique, la productivité et l’efficacité libèrent les surplus cachés de l’offre de travail ; les pressions du marché financier et des fonds de pension sur le gouvernement pour garantir un approvisionnement supplémentaire en actions de qualité ; les pressions des utilisateurs sur les entreprises publiques individuelles pour enfin améliorer la qualité des services publics. La loi a évidemment de la chance ou tout est une question de timing.
