Dans le dernier numéro de la revue, Leonardo Srdelić de l’Institut des Finances Publiques analyse les tendances des revenus provenant des taxes environnementales en Croatie et dans l’Union européenne, qui montrent une augmentation de 0,6 milliard d’euros en 1995 à 2,3 milliards d’euros en 2022, avec un taux de croissance annuel moyen de 5,8 pour cent. Les taxes sur l’énergie ont représenté la majorité de cette croissance, tandis que les taxes sur le transport et les taxes sur la pollution et les ressources naturelles ont contribué moins.
Avec 3,3 pour cent du PIB, la Croatie a l’une des parts les plus élevées de revenus provenant des taxes environnementales au sein de l’UE, juste derrière la Grèce et la Bulgarie. Les tendances montrent également qu’en Croatie, la part des revenus provenant des taxes environnementales dans le PIB augmente en moyenne, contrairement à la diminution générale au niveau de l’UE.
Les taxes environnementales sont un instrument fiscal clé de l’UE visant les produits et activités qui ont un impact négatif sur l’environnement, avec pour objectif de modifier les modèles de production et de consommation nuisibles à l’environnement, tout en promouvant des pratiques économiquement efficaces et en générant des revenus pour financer des projets verts. De plus, les taxes sont une source importante de financement pour des projets verts qui soutiennent les objectifs du Pacte vert européen, y compris la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55 pour cent d’ici 2030 et l’atteinte de la neutralité climatique d’ici 2050.
La forte part des revenus provenant des taxes environnementales dans le PIB, en particulier celles liées à l’énergie, reflète la dépendance continue de la Croatie aux combustibles fossiles et que le processus de découplage de la croissance économique de la demande de combustibles fossiles est significativement plus lent par rapport à la moyenne de l’UE. Pour mieux comprendre cette dynamique, il est utile de surveiller l’intensité des émissions de CO2, qui indique la quantité de CO2 émise par unité d’énergie produite. Cet indicateur reflète la part de l’énergie obtenue à partir de combustibles fossiles dans la production totale d’énergie. Les fluctuations de l’intensité des émissions de CO2 en Croatie montrent que la demande de combustibles fossiles pendant la période observée n’a pas été influencée par la politique fiscale, mais dépendait plutôt principalement de l’activité économique. En revanche, une tendance stable de diminution des émissions de CO2 par unité d’énergie produite est observée au niveau de la zone euro, impliquant une mise en œuvre plus réussie des politiques visant à augmenter l’efficacité énergétique et à élargir l’utilisation des sources d’énergie renouvelables.
