‘Lex AP’, ou son article controversé 307 du Code pénal, ne passerait pas le test en trois parties de la Cour européenne des droits de l’homme qui examine la nécessité de restreindre la liberté d’expression. Cela est indiqué dans l’analyse d’Article 19, une organisation internationale promouvant la liberté d’expression, publiée par l’Association des journalistes croates (HND).
Article 19, qui fait également partie du consortium estimé Media Freedom Rapid Response (MFRR), appelle les autorités croates à retirer complètement l’article controversé 307 du Code pénal (‘Lex AP’) car il représente une menace significative pour la liberté d’expression et doit être urgent réexaminé. Cet article, en plus d’être contraire aux normes internationales de liberté d’expression, représente une ingérence disproportionnée dans la liberté d’expression et limite également la capacité des journalistes et d’autres acteurs à publier des informations d’une importance publique exceptionnelle.
Ci-dessous, le HND transmet l’analyse (le document complet fait 16 pages) indiquant qu’Article 19 a affirmé, contrairement à l’argument du parti au pouvoir selon lequel il s’agit d’une solution légale existant dans la plupart des États membres de l’UE, que la Croatie devrait être guidée par les normes développées dans la pratique de la Cour européenne des droits de l’homme lors de la limitation de la divulgation d’informations sur les enquêtes criminelles pour protéger le droit à un procès équitable et l’impartialité de la justice. Cette cour applique un test en trois parties dans son évaluation de la justification ou de l’injustification de l’ingérence gouvernementale dans la liberté d’expression de quelqu’un dans chaque cas, sans exception, examinant la nécessité de restreindre la liberté d’expression et s’il existe un besoin social pressant pour une telle restriction et la proportionnalité des sanctions. Selon l’analyse d’Article 19, l’article controversé 307 échoue sur les trois parties.
Nécessité de restriction
Article 19 note que le Code pénal protège déjà la confidentialité et l’intégrité des procédures judiciaires. La violation de la confidentialité des procédures judiciaires et la divulgation de ‘secrets professionnels’ sont déjà punissables. Par conséquent, ils estiment qu’il n’est pas nécessaire d’introduire une autre infraction pénale car cela sera inévitablement contre-productif, c’est-à-dire limitera l’accès à l’information.
Les amendements proposés au Code pénal négligent également la possibilité que les informations divulguées puissent déjà être disponibles dans le domaine public, éliminant ainsi la nécessité d’une interdiction de leur divulgation. Comme le démontre la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, il est permis de restreindre la divulgation uniquement dans la mesure où cela peut perturber de manière significative un élément clé du processus judiciaire, tel que l’impartialité des juges ou la présomption d’innocence.
