En 2023, la Croatie a enfin réalisé une percée concernant la part des individus ayant un diplôme de l’enseignement supérieur dans sa population âgée de 25 à 34 ans, après cinq ans de stagnation. La part des résidents hautement qualifiés dans cette tranche d’âge a augmenté de 3,2 points de pourcentage pour atteindre 38,7 %, plaçant la Croatie pour la première fois devant l’Allemagne (38,4 %) et l’Italie (seulement 30,6 %), selon HUP dans ses analyses hebdomadaires.
Cette augmentation soudaine est probablement le résultat d’un nombre légèrement plus élevé d’inscriptions durant 2016/2017 ainsi que du retour (net) d’un certain nombre de jeunes hautement éduqués de l’étranger. L’amélioration moyenne l’année dernière au niveau de l’UE était de 1,1 point de pourcentage, seuls la Pologne (+4,6 pp) et Malte (+3,8 pp) ayant obtenu de meilleurs résultats que la Croatie.
Bien sûr, il n’y a pas de place pour l’euphorie tant que notre part d’individus ayant un diplôme de l’enseignement supérieur est d’environ 5 points de pourcentage en dessous de la moyenne de l’UE et même 18 points de pourcentage inférieure à celle des membres les plus performants de l’UE. Le taux d’emploi des jeunes (âgés de 15 à 29 ans) en 2023 a enregistré une baisse de 1,6 point de pourcentage pour atteindre seulement 43,0 % – en contraste avec les augmentations à 49,7 et 50,4 % dans l’UE et la zone euro, respectivement.
Le taux d’emploi des jeunes est également inférieur à celui des économies structurellement similaires de la région CEE, ce qui, combiné à l’un des taux de participation les plus bas à la formation continue sur le lieu de travail (27,3 %) à l’échelle de l’UE, n’impacte pas positivement le capital humain émergent sur la croissance future de la productivité économique, ce qui est un problème significatif compte tenu de l’effondrement démographique simultané et de la pénurie de main-d’œuvre à laquelle la Croatie est confrontée.
La transition accélérée des jeunes du monde de l’éducation au monde du travail, ainsi que l’interconnexion continue de ces deux mondes basée sur les meilleures pratiques (par exemple, le modèle d’éducation duale), devient une nécessité compte tenu de la réduction attendue de la population active de plus de 100 000 personnes au cours des quatre prochaines années.
Dans une situation où le nombre de programmes d’enseignement supérieur accrédités explose par rapport au nombre d’étudiants, avec des quotas d’inscription financés par l’État environ trente pour cent plus élevés que le nombre d’étudiants potentiels, des quotas d’inscription qui ne suivent souvent pas les besoins du marché du travail et de la société, et des résultats éducatifs sous-optimaux aux tests PISA internationaux (comme un reflet approprié de la qualité de l’éducation primaire), un changement fondamental dans le modèle de gestion des établissements d’enseignement est nécessaire.
