Deux nouvelles publiées ces derniers jours laissent entrevoir l’avenir de l’OTAN en tant qu’alliance de défense-sécurité européenne. La première nouvelle : lors du sommet européen ad hoc à Paris soutenant l’Ukraine, le président français Emmanuel Macron a déclaré de manière quelque peu inattendue que l’envoi de soldats occidentaux en Ukraine ne devait pas être exclu. Prédictiblement, il a fait les gros titres dans les médias. La deuxième nouvelle : lors du même sommet, après avoir reçu le soutien d’États membres clés, a participé le désormais probable futur Secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte; bien qu’il soit encore en tant que Premier ministre technique néerlandais sortant.
Rutte est connu comme un maître des compromis discrets, l’un des Premiers ministres européens en fonction depuis le plus longtemps, et ses caractéristiques sont associées au surnom – Teflon. L’avenir de l’OTAN, et donc de la défense européenne, dépend métaphoriquement du succès de l’intégration de ces deux extrêmes : performances politiques et compétition (Macron) et construction discrète et négociée de la défense européenne (infra)structure (Rutte).
Nouveau ami de l’Ukraine
Les déclarations et actions tonitruantes de Macron concernant la défense et la sécurité européennes ne sont pas nouvelles. Avec l’idée française héritée d’une armée européenne autosuffisante qui exclut les États-Unis de la défense européenne, le président Macron est particulièrement rappelé comme le politicien qui a déclaré ‘la mort cérébrale de l’OTAN’ (2019). Après l’invasion russe de l’Ukraine, l’OTAN a ‘ressuscité’, plus nécessaire à l’Europe que jamais. Nous nous souvenons de lui comme d’un grand artisan de la paix européenne qui s’est précipité vers le président russe Poutine, alors déjà profondément isolé, deux semaines avant l’invasion, pour résoudre ce que les États-Unis et le Royaume-Uni n’ont pas pu faire par la conversation. Là, Poutine l’a placé au bout d’une longue table blanche pour lui faire la leçon sur l’histoire russe comme un écolier.
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Poutine a au moins toujours connu le poids spécifique de chacun dans la politique internationale. Ainsi, nous nous souvenons comment du jour au lendemain, Macron est passé d’un fervent défenseur de la coopération énergétique européenne avec la Russie à un fervent soutien de la défense ukrainienne, bien que plus en paroles qu’en actes, et un défenseur de sa souveraineté complète. En tant que nouvel ami de l’Ukraine et de son président Zelensky, il a convoqué ce sommet européen ad hoc à Paris, juste une semaine après la conclusion de la traditionnelle Conférence de sécurité de Munich, qui est le principal forum pour les projections de la stratégie de défense et de sécurité européenne. De là, il a émis ces avertissements tonitruants concernant l’envoi possible de soldats occidentaux en Ukraine et la possibilité que la Russie attaque l’un des États membres de l’OTAN.
