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Moody’s et S&P : Le gel des actifs russes n’affecterait pas les émetteurs d’obligations

Si les gouvernements occidentaux décident de saisir les réserves russes gelées d’une valeur de 300 milliards de dollars, cela n’affecterait pas les pays émetteurs d’obligations que la Russie a achetés, selon les agences de notation Moody’s et S&P Global.

Les responsables américains et britanniques insistent pour saisir les actifs russes immobilisés dans un groupe de pays européens et cherchent à obtenir le soutien du groupe des G7 lors des discussions en février. Les troupes russes sont entrées en Ukraine le 24 février 2022.

La banque centrale russe estime qu’en cas de saisie, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et d’autres émetteurs ne seraient pas en mesure de respecter les obligations sur les obligations que la Russie a achetées, a déclaré une source familière avec la position de la banque à Reuters. Cela signifierait que les paiements n’atteindraient pas les comptes russes, indique-t-elle.

L’agence Moody’s n’est pas d’accord avec cette interprétation.

– Nos notations ne reflètent généralement pas les considérations concernant le détenteur d’obligations, donc dans un tel scénario, nous ne conclurions pas que les pays émetteurs ne peuvent pas respecter leurs obligations – a écrit Thorsten Nestmann, Vice-Président Senior de Moody’s Investors Service, dans une réponse par e-mail à la demande de Reuters.

Frank Gill, responsable du secteur des notations souveraines EMEA chez S&P Global, a également déclaré à Reuters qu’un tel scénario ne serait probablement pas considéré comme un défaut car les paiements d’intérêts sont effectués par l’intermédiaire d’un agent qui continuerait à payer d’autres créanciers.

La plupart des réserves russes gelées sont détenues en espèces et en obligations d’État de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, de l’Autriche et du Canada, note Reuters.

L’interprétation des agences de notation pourrait atténuer les craintes de risque de défaut. Certains responsables européens craignent également qu’une saisie potentielle des actifs russes puisse créer un précédent inquiétant selon lequel d’autres pays pourraient demander une compensation pour des actions militaires passées des pays occidentaux.

L’agence Fitch a refusé de commenter les conséquences d’une saisie potentielle.

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