L’économie croate continue d’enregistrer une série d’indicateurs positifs, démontrant un haut niveau de résilience face aux défis actuels dans l’environnement national, mondial et géopolitique. Se remettant de la récession causée par la pandémie de coronavirus, l’économie nationale a crû de 20 % au cours des deux dernières années, notamment grâce à la forte contribution de la demande intérieure, des exportations et des investissements. L’année prochaine, nous attendons des effets positifs renforcés de l’adhésion à la zone euro, au Mécanisme européen de stabilité et à l’espace Schengen, ce qui devrait se traduire par des avantages économiques significatifs, notamment dans le commerce international de biens et de services et les investissements, grâce à la réduction des barrières dans le contexte du commerce, des voyages et des investissements.
L’environnement positif est également confirmé par les institutions financières internationales et les agences de notation. Je voudrais rappeler qu’après que les trois agences de notation pertinentes (Fitch, S&P et Moody’s) ont rehaussé la note à long terme de la Croatie à BBB+ avec des perspectives stables en juillet dernier, cette année, les perspectives pour la note à long terme de la Croatie ont été révisées à positives, nous rapprochant d’un pas de l’obtention de la note A la plus élevée.
Les perspectives pour l’année prochaine sont caractérisées par la poursuite de tendances économiques relativement positives, mais avec un haut niveau d’incertitude. Dans de telles circonstances, il est important de préserver les investissements financés par des fonds publics, notamment dans les transitions verte et numérique, ainsi que dans la sécurité énergétique, et de continuer l’absorption efficace des fonds non remboursables des fonds de l’UE. La poursuite des travaux de reconstruction des zones touchées par les tremblements de terre s’inscrit dans les efforts d’investissement et de réforme du gouvernement. Ces ambitions se reflètent dans le budget pour 2024, qui est prévu en vue d’une légère expansion fiscale visant à des actions de politique fiscale contracycliques pour préserver la croissance économique tout en protégeant les standards économiques. Malgré cela, il est important de noter qu’en même temps, le ratio de la dette publique au PIB diminue et atteindra un niveau de 60,7 % en 2023, et 58 % en 2024.
Nouveaux défis, réponses différentes
Sur le chemin de l’adhésion à l’OCDE, nous acquerrons une expérience précieuse des autres États membres et ouvrirons la voie à l’orientation de notre politique nationale vers la croissance économique, la revitalisation démographique, la lutte contre le changement climatique, la décarbonisation et la numérisation. Nous avons des plans ambitieux et nous ne nous en écartons pas. Cependant, un effort exceptionnel sera nécessaire pour financer ces ambitions. Alors que de nouvelles barrières commerciales émergent, nous devons réévaluer nos chaînes d’approvisionnement et investir dans celles qui sont plus sûres et plus efficaces. Étant donné la tendance au vieillissement de la population, nous devrons investir dans de nouvelles technologies visant à augmenter la productivité pour produire plus avec moins de main-d’œuvre. La numérisation peut être d’une grande aide ici. Le changement climatique, marqué par de nombreux désastres, montre que nous devons accélérer la transition verte sans délai.
Les défis auxquels nous faisons face nécessitent une nouvelle approche et des réponses nouvelles et différentes de celles auxquelles nous sommes habitués. L’une des réponses que nous avons proposées cette année est de mobiliser les économies des citoyens en émettant des obligations d’État et des bons du Trésor. Le fort intérêt pour ces instruments a confirmé que les citoyens nous font confiance et sont prêts à participer et à s’engager sur le marché des capitaux. De cette manière, avec seulement deux émissions de titres, nous avons mobilisé plus de deux milliards d’euros d’économies ou de fonds que les citoyens gardaient passivement sur leurs comptes.
