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Les entreprises dans une lettre à l’UE : La loi sur l’intelligence artificielle menacera la compétitivité européenne

Des dizaines des plus grandes entreprises européennes, y compris le géant allemand Siemens et le français Airbus, ont exprimé leur opposition à la réglementation proposée par l’UE sur l’intelligence artificielle, affirmant que les règles menacent la compétitivité. Dans une lettre ouverte signée par plus de 150 dirigeants, les entreprises ont informé les institutions européennes que l’intelligence artificielle offre ‘une opportunité de rejoindre l’avant-garde technologique’ et qu’une réglementation trop stricte pourrait étouffer cette opportunité.

‒ Selon notre évaluation, le projet de loi mettrait en péril la compétitivité européenne et la souveraineté technologique sans aborder efficacement les défis auxquels nous avons été confrontés et auxquels nous serons confrontés ‒ indique la lettre envoyée vendredi à la Commission européenne, au Parlement et aux États membres.

Les politiciens de l’UE, après près de deux ans de tractations, ont récemment convenu de l’ensemble de règles le plus strict concernant l’intelligence artificielle dans le monde. Le texte du projet de loi sur l’intelligence artificielle servira de position de négociation entre les États membres et la Commission européenne.

Pendant ce temps, les craintes grandissent concernant les risques potentiels d’une technologie en développement rapide, et les appels à la réglementation ont augmenté depuis novembre, lorsque OpenAI a lancé son chatbot ChatGPT, l’une des premières applications d’IA largement disponibles pour tous les utilisateurs.

Les signataires, allant du constructeur automobile Renault au deuxième brasseur mondial Heineken, ont déclaré que leurs préoccupations sont particulièrement prononcées concernant l’intelligence artificielle générative. Ils ont également noté que les règles proposées ‘réglementeraient fortement’ les modèles fondamentaux tels que la technologie qui soutient les chatbots ‘indépendamment de son utilisation’.

‘Les vérificateurs n’ont pas lu le texte’

Les entreprises développant et mettant en œuvre de tels systèmes feraient face à des coûts de conformité et des risques de responsabilité disproportionnés, indique la lettre. De telles restrictions pourraient amener les entreprises à quitter l’Union européenne, entraînant un retrait des investisseurs en Europe et créant un ‘écart de productivité critique’ par rapport aux États-Unis.

‒ L’Europe ne peut pas se permettre de rester sur la touche ‒ soutiennent-ils, ajoutant qu’au lieu de concentrer cette loi sur l’intelligence artificielle générative, les régulateurs devraient se concentrer sur la création d’une législation limitée aux ‘risques globaux associés à l’intelligence artificielle’. Ils affirment également que les règles risquent de saper les ambitions technologiques du bloc au lieu de favoriser l’innovation.

Les entreprises ont appelé les institutions de l’Union européenne à établir un organe de réglementation composé d’experts de l’industrie pour surveiller la mise en œuvre de la loi à mesure que la technologie progresse.

Cependant, le député européen qui a dirigé l’élaboration du projet de loi, Dragoș Tudorache, a déclaré que ‘les signataires n’ont pas lu le texte et réagissent à l’incitation de quelques-uns’.

‒ Il est dommage que le lobbying agressif de quelques-uns l’emporte sur d’autres entreprises sérieuses. Cela sape malheureusement le leadership indéniable que l’Europe a pris à l’échelle mondiale en matière de réglementation ‒ a déclaré Tudorache, ajoutant que la seule proposition ‘concrète’ que les entreprises ont présentée dans la lettre est ‘un processus dirigé par l’industrie pour définir des normes, gérer l’industrie et un régime réglementaire léger qui cherche la transparence’.

Le différend entre les institutions de l’UE et les entreprises concernant la nouvelle loi sur l’intelligence artificielle ne montre aucun signe de diminution, et en raison de la lettre envoyée par des représentants de l’industrie aux autorités, il semble que la situation ne s’améliorera pas de sitôt.

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