La plus forte inflation des 40 dernières années a peu à voir avec le marché ou les cycles économiques, et la lutte contre celle-ci se fait par des moyens non économiques. Au cours des trois dernières années, nous nous sommes habitués à un scénario où ‘rien ne devrait nous surprendre’ se déroule à travers l’Europe. Ainsi, il n’est pas surprenant que le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, ait conclu un accord avec les grandes chaînes de supermarchés en mars de cette année sur un panier anti-inflation pour réduire le coût des produits alimentaires de base pour les citoyens. Les entreprises de détail ont accepté d’offrir aux clients ‘les prix les plus bas possibles’ pendant une période de trois mois sur les articles qu’elles ont sélectionnés elles-mêmes. Par la suite, les plus grandes entreprises alimentaires ont promis de baisser les prix sur des centaines de produits à partir de juillet – le ministre menaçant d’imposer des sanctions s’ils rompent leur promesse.
L’Espagne, en revanche, a décidé de ne pas facturer la TVA sur les produits alimentaires de base jusqu’à ce que les prix soient ‘plus appropriés’. La TVA de 4 % a été abolie le 1er janvier avec l’intention que la mesure dure jusqu’à la fin juin. Cependant, la TVA ne sera pas facturée même après cette date limite, bien que le taux d’inflation ait le plus chuté en Espagne (de cinq points de pourcentage en cinq mois) et soit maintenant parmi les pays avec la plus basse inflation (actuellement autour de 3 %).
Bien que le Royaume-Uni ne soit plus membre de l’UE depuis plus de trois ans, il suit de près les mesures non interventionnistes du marché pour atténuer l’impact inflationniste. Le mois dernier, le régulateur de la concurrence britannique a averti les supermarchés de surveiller leurs chaînes d’approvisionnement pour clarifier pourquoi les prix augmentent. De plus, les législateurs ont lancé une enquête sur les prix de la chaîne d’approvisionnement alimentaire pour déterminer l’ampleur de l’influence des facteurs externes sur la chaîne d’approvisionnement, tels que les aliments importés et les prix des produits agricoles mondiaux. La thèse est que les prix sont injustifiablement élevés, les coûts des intrants (énergie, transport, nourriture) diminuent, mais les prix dans les magasins continuent d’augmenter.
