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Syndicats et travailleurs : Il n’est ni juste ni légal de différencier entre les membres des syndicats et les non-membres en matière de revenus

Considérant que nous sommes dans l’année précédant les élections parlementaires, il est prévu que les employés, principalement avec l’aide de leurs syndicats, menacent le Gouvernement d’une grève s’il ne satisfait pas au moins la majorité de leurs demandes. Il était également attendu que le Gouvernement rencontre immédiatement tous les représentants syndicaux, écoute leurs propositions et informe le public que leurs demandes seraient satisfaites. La soi-disant gagnant-gagnant variante.

Ainsi, les syndicats des services publics et d’État ont soumis une demande au Gouvernement d’accepter leurs propositions. Cela est tout à fait justifié car leur tâche est de protéger les employés des services publics et d’État et de travailler à l’amélioration de la position des travailleurs et à l’amélioration de leurs droits de propriété.

Cependant, cette fois, les syndicats ont également formulé une demande incorrecte à laquelle ils ne dérogent pas, à savoir que leurs membres aient des droits de propriété plus favorables que ceux qui ne sont pas leurs membres. Par exemple, ils exigent que leurs membres reçoivent une prime de Pâques de deux cents euros, tandis que les non-membres reçoivent cent euros. Le Gouvernement a fait une contre-offre selon laquelle cette différence serait de vingt euros, ce que les syndicats ont jugé humiliant tant pour eux que pour leurs membres. Par cette déclaration, ils ont déjà montré que leur objectif n’est pas de protéger tous les travailleurs, mais seulement leurs membres, créant ainsi indubitablement une discrimination parmi les travailleurs.

Violation des principes

En effet, les syndicats fondent leur demande de différenciation des droits de propriété entre membres et non-membres sur l’article 90a, paragraphe 1, point 1, et l’article 192, paragraphes 4 et 5 du Code du travail. Les dispositions susmentionnées, qui sont entrées en vigueur le 1er janvier 2023, permettent que les revenus versés par l’employeur à l’employé en tant que droit matériel découlant de la relation de travail (dans ce cas, la prime de Pâques) puissent être négociés collectivement dans une plus grande mesure pour les membres du syndicat qui ont négocié la convention collective par rapport à ceux qui ne sont pas membres de ce syndicat. La seule limitation est que le montant total de ces droits matériels ne peut pas être négocié collectivement sur une base annuelle pour plus du double du montant de la cotisation annuelle moyenne des syndicats qui ont négocié la convention collective.

Ce faisant, ils ignorent le fait que cette disposition légale est contraire principalement au principe de l’adhésion volontaire au syndicat de l’article 166, paragraphe 2 du Code du travail, qui stipule clairement qu’aucune personne ne peut être placée dans une position moins favorable en raison de son adhésion à une association, ou de sa participation ou non-participation aux activités de l’association. Avec une conséquence supplémentaire prescrite selon laquelle agir contrairement à ce qui précède représente une discrimination au sens d’une loi spéciale.

Une telle demande des syndicats est également contraire à un autre principe fondamental, à savoir l’interdiction de traitement inégal en raison de l’adhésion ou des activités syndicales de l’article 186, paragraphe 1 du Code du travail, qui stipule qu’un travailleur ne peut pas être placé dans une position moins favorable que d’autres travailleurs en raison de son adhésion syndicale. Le paragraphe 2 du même article explique même que l’adhésion à un syndicat et la participation aux activités syndicales ne peuvent pas être une circonstance sur laquelle l’employeur fonde une décision, entre autres, concernant les paiements aux travailleurs (donc pour tous les paiements) et les prestations sociales.

C’est précisément cette demande des syndicats qui crée indubitablement une discrimination parmi les travailleurs, ce qui peut exposer les employeurs à des demandes supplémentaires de la part de ces travailleurs qui ne sont pas membres du syndicat pour le paiement du même montant de prime de Pâques, ainsi qu’à des décisions des inspections compétentes dans lesquelles tout traitement différent de la part de l’employeur sera considéré comme discriminatoire avec des sanctions sévères, et donc de lourdes amendes monétaires.

Il ne faut pas oublier l’application d’un autre principe fondamental du droit du travail dans ce cas. Il s’agit du principe de faveur, c’est-à-dire in favorem laboratoris ou en faveur du travailleur, ce qui signifie que dans les cas où une certaine situation juridique ou relation juridique est régie différemment, la loi ou la disposition qui est plus favorable au travailleur s’applique. Étant donné la contradiction mutuelle des dispositions précédemment mentionnées du Code du travail, il est clair que la demande des syndicats a créé une incertitude juridique du côté de l’employeur et une discrimination entre les travailleurs qui sont leurs membres et ceux qui ne le sont pas.

Représentants de tous les travailleurs ou..?

Il est compréhensible que les syndicats offrent à leurs membres divers avantages découlant de la coopération avec d’autres entités commerciales sur le marché (par exemple, des avantages pour les paiements échelonnés, des réductions sur divers types de polices d’assurance ou pour l’achat de certains produits, des réductions pour des services d’hébergement, etc.), mais étendre cet avantage aux droits découlant de la relation de travail devrait en effet être interdit.

Si la raison sous-jacente de telles demandes syndicales est d’attirer de nouveaux membres, ils ne devraient pas être autorisés à établir la règle selon laquelle seuls les travailleurs qui sont membres du syndicat bénéficient de certains droits de propriété avec l’employeur, tandis que d’autres travailleurs sont financièrement ‘punis’ pour ne pas être membres du syndicat. Cela ressemble quelque peu au schéma déjà erroné établi selon lequel certains bénéficient de certains avantages simplement parce qu’ils sont membres de certains partis politiques. Dans un tel cas, les syndicats ne pourraient pas se présenter comme des représentants de tous les travailleurs, et seul le nom resterait de leur rôle et de leur importance.

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