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Les événements en France soulèvent d’importantes questions sur l’avenir social de l’UE

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La réforme des retraites de Macron a de nouveau conduit les Français dans les rues. D’un point de vue croate, ainsi que du point de vue de la plupart des pays de l’UE, cette grande révolte française contre l’augmentation (progressive) de l’âge de la retraite de 62 à 64 ans semble quelque peu bizarre. En effet, la plupart des pays de l’UE ont déjà un âge de départ à la retraite plus élevé que celui que le gouvernement de Macron essaie maintenant de légaliser : Allemagne 65 ans et 10 mois, Espagne et Pays-Bas 66 ans, Italie même 67 ans.

Emmanuel Macron défend sa réforme des retraites en comparant la (non)dureté du système actuel. – Lorsque je suis devenu économiquement actif (vers 2004), il y avait environ dix millions de retraités en France, aujourd’hui il y en a 17 millions, et d’ici 2030, il y en aura 20 millions – Macron a présenté aux Français une tendance insoutenable, les appelant à s’adapter aux nouvelles circonstances d’une nation de plus en plus vieillissante. Au lieu de compréhension, il a produit une révolte de masse parmi ses compatriotes qui ne veulent pas s’adapter aux nouvelles circonstances et ne s’intéressent pas à la durabilité du système, mais seulement à leurs propres droits ‘acquis’.

Espace de déstabilisation

Alors que le président français cherche une solution pour apaiser les manifestations, les événements en France soulèvent d’importantes questions sur l’avenir social de l’UE. Quelle est la durabilité des systèmes de ‘bien-être social’ européens à long terme dans des conditions d’économie mondialisée et de déficit démographique national ? Dans quelle mesure les Européens sont-ils prêts à accepter les conséquences de leurs politiques qui se font au détriment de leur propre confort et de leurs habitudes antérieures ? Comment les faiblesses sociales internes des États européens peuvent-elles être utilisées par des régimes antidémocratiques comme moyen de déstabilisation à des fins géopolitiques ?

La réponse à la dernière question a été immédiatement donnée par Vladimir Poutine, qui a critiqué publiquement Macron depuis son isolement à Moscou pour avoir réduit les droits des travailleurs ! Parce que, comme il l’a dit, il permet à son peuple de prendre sa retraite à l’âge de la retraite complet dès 61,5 ans. Il n’a bien sûr pas dit combien cette pension est. Mais dans une société démocratique comme la France, habituée à de larges discussions sur chaque litige, même la critique de Poutine à l’égard de la réforme de Macron a été sérieusement débattue.

Un espace beaucoup plus large pour la déstabilisation externe des États européens (y compris la France) sur des questions sociales est ouvert par les réseaux de renseignement des systèmes antidémocratiques (comme la Russie ou la Chine) infiltrés dans les systèmes occidentaux, que la mondialisation a largement ouverts. Ce n’est que ces dernières années que les Européens ont commencé à remarquer avec inquiétude les guerres hybrides russes, les systèmes de police parallèles chinois…

En ce qui concerne la volonté et la capacité de s’adapter à de nouvelles façons de vivre et de travailler, la France est un exemple de préservation très conservatrice de la tradition. Du moins dans certains segments, elle a résisté à la grande vague de propagation de la culture de travail anglo-américaine il y a environ trente ans, que nous pouvons quelque peu exagérer comme travailler 24 heures sur 24, sept jours sur sept. La coutume d’une pause déjeuner d’une heure à midi a été préservée, la coutume qu’un sandwich n’est pas un déjeuner, mais qu’il doit être quelque chose de chaud ; qu’un verre de vin après le déjeuner n’est pas de l’alcool, qu’il n’y a pas de travail le dimanche, même pas à Paris, même pas assiégé par des touristes affamés de shopping…

Ces coutumes s’appliquent également au journalisme, qui dans le monde entier ne reconnaît généralement pas les heures de travail. Par exemple, en France, vous aurez encore du mal à trouver une équipe de tournage prête à travailler sans pause déjeuner, et même si vous en trouvez une, à ce moment-là, vous n’avez personne avec qui parler. En effet, tout le monde est à déjeuner.

Un lit pour trois travailleurs

Les pays et sociétés d’Europe centrale et orientale ayant une expérience de la gestion directive issue du communisme ont été beaucoup plus sensibles à ces nouvelles coutumes de travail anglo-américaines, seulement ils ont été ‘expliqués’ que c’est moderne, occidental et capitaliste de travailler sans une pause appropriée, sans repas, le dimanche, et quand cela est nécessaire. Et, avec une coercition économique, cela a duré un certain temps.

Cependant, l’intégration européenne et l’élévation des normes ont déjà relevé le niveau des habitudes sociales et des attentes dans cette nouvelle Europe, y compris la Croatie. Ils ne sont plus disposés à travailler dans les conditions de la fin des années 1990 ou du début du 21e siècle, et leurs modèles de l’État-providence sont la France, les pays scandinaves, et non la Russie, la Chine ou l’Indonésie.

En même temps, ces États-providence européens exemplaires deviennent économiquement insoutenables. Le problème le plus petit est celui de Macron : comment mettre en œuvre la réforme des retraites malgré la révolte sociale. Le plus grand problème est celui de l’Europe commune : comment maintenir la stabilité sociale dans de nouvelles circonstances. Parce qu’il n’est pas possible de garder le déjeuner chaud des Français tout en étant directement en concurrence avec le ‘lit chaud’ chinois. C’est le lit dans lequel trois travailleurs anonymes dorment en trois équipes. Chacun dans son propre équipe.

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