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L’inflation en France tombe à 5,6 %, mais l’avenir n’est pas si radieux

L’inflation en France a diminué pour la première fois en trois mois, suite à un ralentissement dans d’autres grandes économies de la zone euro après que l’impact de la guerre en Ukraine a cessé d’affecter fortement la hausse des coûts de l’énergie.

Les prix à la consommation ont augmenté de 6,6 % en mars, une baisse par rapport à un record de 7,3 % en février depuis que la hausse des coûts de l’énergie a cessé. Cependant, le résultat était légèrement supérieur à l’estimation médiane de 6,5 % dans une enquête Bloomberg auprès des analystes.

De plus, la croissance des prix des services a seulement légèrement ralenti (à 2,9 % contre trois pour cent en janvier), tandis que pour les produits industriels, elle a accéléré à 4,8 % contre 4,7 %.

Les marchés monétaires ont augmenté les paris sur des hausses de taux, atteignant un pic de 3,66 % d’ici octobre contre 3,60 % jeudi. Les rendements allemands à deux ans, qui sont parmi les plus sensibles aux changements de politique, ont augmenté de trois points de base à 2,78 %.

Macron en difficulté

Inverser les tendances inflationnistes comme celles observées en France pose un casse-tête pour la Banque centrale européenne (BCE), qui vise deux pour cent mais se concentre de plus en plus sur les pressions fondamentales excluant des facteurs comme l’énergie et la nourriture. Il y avait des signes de déviations similaires dans les données espagnoles et allemandes jeudi, malgré la chute de l’indicateur espagnol principal de près de la moitié à 3,1 %.

Le défi de la BCE est encore compliqué par les tensions affectant les banques dans le monde entier et qui menacent en même temps d’empêcher le crédit et de freiner l’expansion économique.

En France, l’inflation sous-jacente devrait s’accélérer dans les semaines à venir. L’agence statistique Insee a déclaré ce mois-ci que l’indicateur devrait atteindre 6,4 % en juin, ce qui est supérieur aux 5,7 % qu’elle avait précédemment prévus.

Cela est devenu un enjeu politique majeur pour le président Emmanuel Macron. Son gouvernement est intervenu l’année dernière avec un soutien massif pour compenser les coûts élevés de l’énergie, mais dispose de peu d’outils pour faire de même pour la nourriture et les services, et est déjà sous pression en raison de sa réforme des retraites impopulaire.

Les ménages ressentent de plus en plus la pression, et l’estimation des récentes augmentations de prix est la plus élevée depuis les années 1970. Néanmoins, les consommateurs croient également que le pire est peut-être derrière eux, car les attentes concernant les prix futurs ont commencé à diminuer.

Des données séparées de l’Insee vendredi ont montré une baisse des dépenses de consommation de 0,8 % en février par rapport à janvier, les ménages réduisant leurs dépenses pour la nourriture et les biens industriels. Les économistes interrogés par Bloomberg prévoient une baisse plus faible de 0,1 %.

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