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La fin du projet de mondialisation ne doit pas signifier la mort du WEF à Davos

<p>Greta Thunberg</p>
Greta Thunberg / Image by: foto

Quel est le but du Forum économique mondial (WEF) à Davos après que l’invasion russe de l’Ukraine a définitivement marqué la fin du projet de mondialisation ? C’est une question qui plane sur le rassemblement annuel le plus célèbre au monde de politiciens et d’hommes d’affaires qui se sont à nouveau réunis dans la station hivernale suisse de Davos après une pause de deux ans due au COVID. À première vue, cela semble superflu.

Le WEF à Davos 2023 bat des records en termes de nombre de participants (plus de 2 700 accrédités), qui n’ont guère pu attendre que le ‘vieux normal’ fasse ses valises et s’envole à nouveau pour Davos à la fin de janvier, car c’est l’endroit où il faut être vu, l’endroit où le statut est confirmé. L’équipe de relations publiques du WEF se vantera à nouveau cette année que 51 chefs d’État ou de gouvernement, 56 ministres des Finances, 30 ministres du Commerce, 35 ministres des Affaires étrangères, 19 gouverneurs de banques centrales et plus de 600 PDG des plus grandes entreprises mondiales, y compris tous ceux qui comptent à Wall Street, participent au Forum…

Mais l’influence du WEF à Davos n’a jamais été mesurée par le nombre de participants, mais par leur unicité. Cette année, les États-Unis et la Chine envoient tous deux leur deuxième ligue politique ; l’establishment politique russe a non seulement des problèmes avec les sanctions (le WEF a toujours su contourner les sanctions,’s’élever’ au-dessus d’elles) mais est également trop occupé par des affaires intérieures ; les oligarques russes, qui auraient eu les meilleures fêtes avec du caviar et du champagne, doivent maintenant se soucier de leur propre santé et sécurité, évitant les escaliers, les balcons, les plaques de glace, la nourriture non lavée et les Lada Nivas non enregistrées. Et le fait que Davos connecte le chancelier allemand Olaf Scholz et la présidente de la CE Ursula von der Leyen n’est pas vraiment une connexion significative.

Mais encore une fois, Klaus Schwab, le fondateur et éternel alpha et oméga du WEF à Davos, a su maintenir et développer le forum même sans les célébrités politiques de premier plan. De plus, avant cette phase globaliste, pendant la guerre froide et au cours des vingt premières années du WEF, il était parfois plus important de rester inaperçu à Davos que d’être vu et d’avoir une photo publiée de ce rassemblement politico-économique à la mode.

Entreprise contrôlée par la famille

La question de l’avenir du WEF à Davos est aujourd’hui remise en question principalement en raison de la perte de son contenu. Au cours du dernier quart de siècle, Klaus Schwab a placé son think tank (presque familial) WEF, qui est bien plus qu’une réunion annuelle à Davos, complètement et sans réserve au service du projet de mondialisation. Le WEF est devenu la marque de la mondialisation et sa plateforme de relations publiques institutionnalisée. Les critiques de la mondialisation ont souvent attribué à Klaus Schwab des rôles et des pouvoirs plus importants dans le projet de mondialisation qu’il n’en avait réellement.

Pour les critiques de la mondialisation, il est devenu quelque chose comme son diable désigné, aux côtés de Soros et Gates. Cependant, il n’était qu’un serviteur du projet globaliste, un gestionnaire habile sans scrupules inutiles qui a reconnu la tendance qui dominerait au cours du prochain quart de siècle dans la crise conceptuelle du WEF après la fin de la guerre froide et a complètement lié le WEF à Davos à celle-ci, qui cherchait alors son nouveau sens.

Il a développé une entreprise contrôlée par la famille qui génère aujourd’hui près de quatre cents millions de dollars par an. La question de l’avenir et du sens du WEF à Davos après la fin du projet de mondialisation est sérieuse car elle est maintenant posée par les participants les plus éminents de ce projet, tels que Financial Times, CNN, New York Times… CNN a littéralement été l’organe médiatique étendu du WEF, et ces jours-ci, il note que l’influence du WEF s’est dissipée.

Un chroniqueur du Financial Times, le deuxième partenaire important du WEF, le qualifiera de ‘complètement irrélevant’. La pensée bien connue de l’influent chroniqueur du New York Times et grand promoteur du projet globaliste Thomas Friedman selon laquelle deux pays avec McDonald’s ne feront jamais la guerre est maintenant citée avec ironie comme un exemple de prévision erronée. La guerre s’est révélée plus forte que McDonald’s.

Tout n’est pas une question de portée et de visibilité

La mondialisation est maintenant envoyée au passé par ses anciens principaux porte-parole, enterrant Klaus Schwab et son WEF à Davos avec elle. On pourrait dire qu’il a perdu son ancien emploi. Mais est-ce vraiment la fin du forum politico-économique le plus célèbre au monde et du vaste think tank du même nom ? Je n’en suis pas si sûr. Schwab s’est toujours tourné vers les tendances, cherchant sa niche d’influence et d’argent au sein de celles-ci. Le thème principal du Forum de cette année s’inscrit dans cette veine – ‘Collaboration dans un monde fragmenté’. Le WEF à Davos perdra certainement la portée et la visibilité qu’il avait en tant que plateforme de relations publiques pour le projet de mondialisation à son apogée. Mais toute influence ne se mesure pas à la portée et à la visibilité. Et Schwab le sait bien. Même depuis ses débuts.

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