Home / Informations / Les ministres de l’environnement de l’UE acceptent une proposition de compromis sur la réduction des émissions de dioxyde de carbone

Les ministres de l’environnement de l’UE acceptent une proposition de compromis sur la réduction des émissions de dioxyde de carbone

Après 14 heures de négociations, les ministres de l’environnement des États membres de l’UE ont atteint un compromis mercredi soir à Luxembourg concernant une réduction de 35 % des émissions de dioxyde de carbone des voitures particulières et des véhicules utilitaires légers.

À l’issue d’une autre session marathon, les ministres ont accepté la proposition de compromis de la présidence autrichienne. La ministre autrichienne de l’environnement, Elisabeth Köstinger, a déclaré que la proposition avait été soutenue par 20 États membres, quatre étaient contre et quatre se sont abstenus. Elle n’a pas révélé quels pays étaient contre ou s’étaient abstenus, mais l’Irlande a annoncé qu’elle, ainsi que certains autres pays nordiques, publierait une déclaration de déception car elle estime que le compromis est insuffisant et cherche une réduction plus importante.

La Croatie a accepté la proposition de compromis autrichienne depuis le début.

>>> Augmentation du prix des voitures : Les échappements de l’année prochaine nous coûteront plus cher

Le Parlement européen, au début d’octobre, a plaidé pour des objectifs très ambitieux dans la lutte pour des véhicules plus écologiques sur les routes européennes. Les députés européens ont appelé à une réduction de 25 % des émissions de dioxyde de carbone d’ici 2025 et à une réduction de 40 % d’ici 2030. Cela est significativement plus élevé que la proposition de la Commission européenne, qui suggérait une réduction de 30 % d’ici 2030 à la fin de l’année dernière.

La présidence autrichienne du Conseil de l’UE a fait une proposition de compromis, à mi-chemin entre les positions du Parlement et de la Commission, selon laquelle les émissions de CO2 devraient être réduites de 35 % d’ici 2030.

Le ministre autrichien, qui a présidé la réunion, n’a pas révélé d’autres détails sur le contenu du compromis. C’est une proposition très compliquée qui inclut des bonus significatifs pour les fabricants de véhicules électriques, mais les détails ne sont pas encore connus.

Après l’adoption d’une position commune par les États membres, la voie est désormais ouverte pour des négociations avec le Parlement européen.

Le compromis sur cette question est une tâche extrêmement complexe en raison, d’une part, de la pression de l’industrie automobile et des différents intérêts des États membres, et d’autre part, des avertissements alarmants concernant le changement climatique.

>>> Les ventes de diesel dans l’UE tomberont à 5 % d’ici 2030

L’Allemagne, avec une industrie automobile très forte, soutient la proposition de la Commission et la réduction de 30 %, la France cherche une réduction de 40 %, tandis que le Danemark, la Suède et les Pays-Bas appellent à des réductions encore plus importantes.

L’industrie automobile en Allemagne et dans les pays d’Europe centrale, où la fabrication de voitures est devenue le secteur économique le plus fort au cours des 20 dernières années grâce aux investissements des entreprises occidentales, craint que de tels objectifs ambitieux en matière de réduction des émissions nocives ne compromettent leur compétitivité mondiale et menacent des emplois.

De plus, ces pays craignent que la majorité des voitures d’occasion avec des émissions de dioxyde de carbone plus élevées ne se retrouvent chez eux.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié un rapport lundi indiquant que le réchauffement climatique ne peut être limité à moins de 1,5 degré Celsius que si des mesures d’envergure pour une réduction radicale des émissions de CO2 de 45 % d’ici 2030 par rapport à 2010 sont rapidement mises en œuvre.