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Željko Perić : Le gouvernement du Québec n’a pas peur d’investir dans l’industrie privée

Récemment, j’étais à Montréal lors de la conférence d’Oaklins, une organisation dont nous sommes membres depuis 2014. Cette fois, nos experts de l’industrie aéronautique ont amené des invités de premier plan qui ont présenté des exposés intéressants et une table ronde dynamique dans le cadre du sujet introductif. Parmi les nombreux points intéressants, j’ai été particulièrement impressionné par la présentation de Suzanne Benoit, présidente d’Aero Montréal, une organisation à but non lucratif, ou plutôt un cluster de fabricants d’équipements aérospatiaux dans la grande région de Montréal, dans la province de Québec. Après la présentation, j’ai saisi l’occasion d’une conversation plus longue avec elle et j’ai appris des détails qui m’ont impressionné.

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Dans un rayon de 30 kilomètres autour de Montréal, 250 entreprises spécialisées dans l’industrie aéronautique se sont développées, parmi lesquelles les noms les plus notables sont le fabricant d’avions Bombardier, le premier fabricant mondial de simulateurs de vol CEA, les fabricants de moteurs d’avion Pratt & Whitney et Rolls-Royce, et le fabricant d’hélicoptères Bell. Les deux premières entreprises sont nationales, tandis que les trois autres sont des installations de développement et de production d’entreprises étrangères. La liste de ceux qui arrivent est également grande, menée par Airbus avec une installation de fabrication de pièces et un centre de recherche et développement. L’histoire de développement de CEA est également inspirante, car elle détient actuellement 75 % du marché mondial des simulateurs utilisés pour former des pilotes civils et militaires. La commande actuelle d’avions dans le monde s’élève à 500 milliards de dollars. Pour chaque vingt avions, un simulateur est nécessaire, et en raison de la demande croissante d’avions, il y a une pénurie de pilotes, dont CEA profite davantage à mesure que la demande pour leurs services de formation augmente. Comment et pourquoi cette industrie de haute technologie s’est-elle développée avec succès précisément à Montréal et dans ses environs ?

Colle pour l’industrie

Aero Montréal est l’un des plus grands et des plus réussis clusters de l’industrie dans le monde. Le gouvernement régional du Québec l’a établi et ajoute un dollar gouvernemental pour chaque dollar privé. Aujourd’hui, les membres du cluster génèrent des revenus de 15 milliards de dollars et emploient plus de 40 000 personnes.

Mme Benoit m’explique cela en utilisant l’exemple du rôle d’Aero Montréal, qui a été établi à l’initiative des entreprises leaders du secteur aéronautique par le gouvernement régional du Québec, qui finance également ses opérations. Le rôle principal d’Aero, bien qu’il n’ait que 15 employés, est d’être la colle pour l’industrie aéronautique. Il mobilise les membres du cluster, coordonne la sécurisation des fonds pour la recherche et le développement de nouvelles technologies, encourage l’interaction entre les membres du cluster et assure la coopération avec les gouvernements municipaux, régionaux et fédéraux. Il a pris en charge la communication avec les écoles et les collèges, organisant des stages pour les meilleurs étudiants des entreprises membres. De plus, il aligne les programmes avec la direction des facultés d’ingénierie, présente les besoins futurs en main-d’œuvre au gouvernement et influence activement la politique d’immigration. L’industrie est tournée vers l’avenir, donc les experts anticipent ce dont les clients auront besoin dans dix ans.

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Le gouvernement du Québec égalise chaque dollar que l’industrie investit dans le financement de projets de développement avec un dollar supplémentaire, et tout le travail administratif est géré par Aero Montréal, permettant à l’industrie de rester concentrée sur l’aspect technique. Les résultats sont fascinants : Montréal est devenue le troisième plus grand cluster de l’industrie aéronautique (après Seattle et Toulouse) employant plus de 40 000 personnes et dont les membres génèrent des revenus de 15 milliards de dollars. Le cluster couvre tous les segments de l’industrie, de la recherche et du développement, de la conception, de la fabrication de pièces à la finalisation et à la maintenance. À l’exemple d’Aero Montréal, dix autres clusters d’autres industries ont émergé au Québec, et Montréal investit rapidement dans un centre de développement de l’intelligence artificielle.

Comparaison avec la Croatie

Au Canada, même les consultants en recrutement réussis, tandis qu’ici, selon la formule 1 kg de cerveau = 2 euros, il y a un tollé même lorsque nous les engageons pour sauver des personnes en train de se noyer menaçant de submerger toute l’économie.

En plus d’être fortement impressionné par de nombreuses idées, tout ce que j’ai vu m’a poussé à le comparer à la scène nationale, où, à côté de la question éternelle – pourquoi les autres peuvent-ils, et nous ne pouvons pas – de nombreuses autres questions se sont posées, de la question banale de combien de personnes un ‘Aero Zagreb’ gonflerait à des sujets plus complexes, tels que l’importation de main-d’œuvre et la politique d’immigration, l’impact sur les programmes scolaires, qui sont exclusivement des questions politiques pour nous, tandis que pour eux, ce sont des questions économiques ; ensuite, comment le Canada, le deuxième plus grand pays du monde par superficie, n’a que 13 régions, tandis que nous en avons 21, et jusqu’à la question de pourquoi même des entités réussies comme le cluster aéronautique engagent des consultants avec lesquels ils travaillent à l’amélioration de la stratégie, tandis qu’ici, selon la formule 1 kg de cerveau = 2 euros, il y a un tollé même lorsque nous les engageons pour sauver des personnes en train de se noyer menaçant de submerger toute l’économie. Une partie de la réponse à ces questions, ainsi qu’à la question de pourquoi Zagreb n’a pas de cluster de haute technologie réussi, réside dans l’information que Mme Benoit a partagée avec moi que le maire de Montréal a étudié à Harvard avec Michael Porter. Une telle société d’anciens élèves, de telles idées. Tant là-bas qu’ici.

Auteur : Željko Perić