Le président français Emmanuel Macron recevra aujourd’hui le prestigieux Prix Charlemagne pour sa contribution à l’unité européenne. Ce pro-européen prend-il le rôle de leader non officiel de l’Europe de la chancelière allemande Angela Merkel ?
L’Europe a-t-elle un nouveau leader ? Ou peut-être même un sauveur ?
Aujourd’hui, un an et trois jours après avoir vaincu la dirigeante d’extrême droite eurosceptique Marine Le Pen lors des élections, le président français recevra le prestigieux Prix Charlemagne à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, pour « contribution exceptionnelle à l’unité européenne. »
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Son alliée Angela Merkel, qui a reçu le même prix en 2008, prendra la parole lors de la cérémonie. Ce sera également l’occasion pour l’Allemagne de répondre concrètement à la vision de Macron d’une Europe plus connectée. En septembre, Macron a esquissé son plan pour une « Europe qui protège » dans un discours aux étudiants de la Sorbonne. Le plan comprend l’harmonisation des impôts et des salaires minimums, la réforme de la zone euro, une coopération militaire plus étroite et des mesures de protection de l’environnement conjointes. En Allemagne, sa vision a été accueillie avec prudence, tandis que les petits pays européens ont montré un mécontentement à peine dissimulé.
Macron et Merkel travaillent maintenant sur une proposition unifiée qu’ils ont l’intention de présenter au sommet de l’UE à la fin juin.
Le comité du Prix Charlemagne, nommé d’après le fondateur de l’Empire romain germanique, couronné à Aix-la-Chapelle en 800 après J.-C., n’a aucune réserve à propos de Macron.
« Bien qu’il soit en fonction depuis relativement peu de temps, Emmanuel Macron a une fois de plus inspiré l’Europe et a apporté un nouvel élan et une nouvelle dynamique au débat sur une intégration plus forte de notre continent, » indique la justification du prix.
Mais Macron peut-il vraiment conduire l’UE vers une plus grande unité et persuader un électorat de plus en plus sceptique d’y adhérer, ou est-il trop ambitieux ?
« Je pense qu’il a le droit d’être ambitieux, » déclare l’analyste Sébastien Maillard, directeur du think tank parisien nommé d’après Jacques Delors.
