La Commission européenne a lancé mardi une analyse approfondie de l’acquisition prévue par Bayer du géant agrochimique américain Monsanto, exprimant des inquiétudes quant à l’impact potentiel sur les marchés des pesticides et des semences.
Le groupe allemand Bayer a proposé 66 milliards de dollars pour Monsanto et la fusion des deux entreprises créera le plus grand producteur intégré de pesticides et de semences au monde, ce qui pourrait limiter la concurrence dans le segment des ventes d’herbicides et de semences en Europe, craint la Commission.
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« La Commission est actuellement préoccupée par le fait que l’acquisition proposée pourrait restreindre la concurrence sur le marché dans un certain nombre de marchés, entraînant des prix plus élevés, une qualité de produit inférieure, un choix réduit et une innovation étouffée, » ont averti des responsables de Bruxelles.
Du côté de Bayer, ils déclarent qu’ils souhaitent toujours obtenir l’approbation d’ici la fin de l’année au plus tard.
« Bayer se réjouit de poursuivre la coopération avec la Commission pour obtenir l’approbation de la Commission, » indique le communiqué de l’entreprise allemande.
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Ils ont précédemment proposé des concessions qui devraient atténuer les préoccupations de Bruxelles concernant la concurrence sur le marché, mais ils n’ont pas souhaité divulguer les détails de l’offre. La Commission, en revanche, répond que les propositions ne sont pas suffisantes pour dissiper sans équivoque leurs préoccupations.
Concessions pour l’approbation réglementaire
Si elle est approuvée, la transaction sera la troisième plus grande dans le secteur agrochimique, d’autres entreprises devant également faire des concessions pour obtenir l’approbation réglementaire.
Ainsi, Dow a obtenu l’approbation réglementaire pour son acquisition de DuPont seulement après avoir promis de vendre des activités clés de recherche et développement et d’autres actifs importants.
ChemChina a été contraint de vendre une partie significative de l’activité de sa filiale Adam impliquant des herbicides et des insecticides, ainsi que des produits pour le traitement des semences de céréales et de betteraves à sucre et une partie significative de son activité de régulateur de croissance des céréales pour obtenir l’approbation de l’UE pour l’achat de Syngenta suisse.
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La Commission note que dans l’analyse de la fusion de Bayer et Monsanto, elle coopère avec des régulateurs d’autres pays, y compris les États-Unis, l’Australie et le Brésil.
La transaction proposée a également rencontré une opposition publique significative, en particulier de la part des militants environnementaux, qui craignent qu’elle ne nuise aux agriculteurs et aux consommateurs.
Le groupe d’activistes Avaaz a rapporté avoir soumis une pétition à la Commission européenne avec un million de signatures d’opposants à la fusion, exhortant la commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager à la bloquer.
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La Commission a répondu qu’elle analyserait la transaction uniquement de son propre point de vue.