Devant les yeux du protagoniste, l’événement le plus tragique de sa vie se déroule, l’un de ceux qui brisent le cœur et plongent même le spectateur, dépourvu d’empathie, dans le désespoir, alors que deux ambulanciers maladroits comme Stan et Ollie transfèrent maladroitement une civière avec l’une des victimes dans l’ambulance. Le spectateur, qui une minute auparavant était au bord d’un abîme existentiel, peine maintenant à cacher un léger sourire. Une poignée de larmes, un sac de rires. C’est dans cette scène que le génie du réalisateur Kenneth Lonergan se révèle pleinement.
‘Manchester by the Sea’ n’est que son troisième film au cours des 16 dernières années et tout aussi brillant que ses deux prédécesseurs. Lonergan est principalement un dramaturge théâtral qui accorde une grande attention à la métrique des dialogues brillants prononcés par ses acteurs, mais cela ne signifie pas qu’il ne maîtrise pas le langage du cinéma avec confiance. La scène dans laquelle le personnage principal semble se tenir calmement au bord de la mer tandis que les vagues s’écrasent nerveusement contre le rivage est l’une d’une série de chefs-d’œuvre picturaux subtils. ‘Manchester by the Sea’ est de manière convaincante le meilleur film qui pourrait être vu dans le cadre de la vitrine ‘Oscar’ présentée dans les cinémas de Zagreb.
+ Réalisé par : Kenneth Lonergan
+ Avec : Casey Affleck, Michelle Williams, Kyle Chandler
+ Manchester by the Sea, 2016, États-Unis, 137 minutes
