Les activités dans les économies allemande et française devraient s’accélérer au dernier trimestre de cette année, selon les dernières estimations, tandis que l’incertitude politique liée à la future politique américaine et aux élections en France se distingue comme un risque pour l’année à venir.
L’économie allemande devrait croître plus fortement au quatrième trimestre que prévu auparavant, et le rythme de croissance plus rapide devrait se prolonger au début de l’année prochaine, selon l’institut économique allemand Ifo dans ses prévisions biannuelles publiées vendredi.
« Tous les signes indiquent que le quatrième trimestre sera plus fort que prévu, » souligne le directeur de l’institut, Clemens Fuest, dans une déclaration publiée vendredi. « L’élan se poursuivra dans la nouvelle année, » ajoute-t-il.
>>>L’Allemagne bénéficie le plus sur le marché européen
Au troisième trimestre, les activités n’ont crû que de 0,2 pour cent, soit deux fois moins vite que durant la période d’avril à juin.
L’institut a légèrement relevé son estimation de croissance pour l’économie allemande au cours des deux prochaines années et s’attend désormais à ce que l’économie croisse de 1,5 pour cent en 2017 et de 1,7 pour cent en 2018.
L’institut a légèrement relevé son estimation de croissance pour l’économie allemande au cours des deux prochaines années et s’attend désormais à ce que l’économie croisse de 1,5 pour cent en 2017 et de 1,7 pour cent en 2018. Cela est de 0,1 point de pourcentage plus élevé que prévu auparavant.
L’estimation de la croissance pour cette année a été confirmée à 1,9 pour cent, ce qui constituerait le plus fort bond en cinq ans.
La croissance plus lente attendue l’année prochaine est interprétée par le directeur de l’Ifo uniquement comme une conséquence de moins de jours travaillés.
Cependant, l’institut met en garde contre des risques exceptionnellement importants qui pourraient freiner la croissance attendue. « Le référendum sur le Brexit, les élections présidentielles américaines et l’échec de la réforme constitutionnelle en Italie ont fondamentalement changé le paysage politique mondial, ce qui pourrait avoir des conséquences de grande portée et largement imprévisibles pour l’économie mondiale et pour l’Allemagne dans les années à venir. »
« Si la politique financière américaine est effectivement significativement plus expansionniste comme annoncé par le nouveau président élu, cela devrait fournir des stimuli positifs significatifs pour l’économie américaine et mondiale. D’un autre côté, une incertitude politique fortement exprimée et prolongée et la poursuite du processus de désintégration du système politique et économique pourraient assombrir les perspectives économiques, » ajoutent-ils.
Croissance plus rapide à la fin de l’année en France
L’office statistique français annonce également une fin d’année solide pour l’économie après un deuxième et un troisième trimestre plus faibles, durant lesquels des grèves, un nombre réduit de touristes en raison des attaques terroristes, et de mauvaises récoltes dues à des conditions météorologiques défavorables ont affecté le niveau d’activité économique.
>>>Voici comment la France promeut l’emploi
Les activités économiques devraient croître de 0,4 pour cent au quatrième trimestre, estimé par l’Insee jeudi dans ses prévisions trimestrielles, après une légère baisse des activités au deuxième trimestre et une faible reprise de juillet à septembre.
Cela porterait la croissance pour l’ensemble de l’année 2016 à 1,2 pour cent, légèrement inférieure à celle précédemment prévue par l’office statistique, qui projetait une croissance de 1,3 pour cent. Le gouvernement a récemment révisé son estimation de croissance à 1,4 pour cent.
Parmi les plus grands poids sur la croissance économique française cette année figure une forte baisse de la production agricole.
Parmi les plus grands poids sur la croissance économique française cette année figure une forte baisse de la production agricole. En raison de températures exceptionnellement basses et de fortes pluies, la récolte de blé a été la plus faible depuis 30 ans, et la production de vin a diminué de neuf pour cent.
Cela a réduit le taux de croissance de 0,2 point de pourcentage, souligne l’Insee.
De plus, les activités économiques ont été freinées par des grèves dans les raffineries françaises au printemps dernier en raison des changements gouvernementaux dans les lois du travail et d’une baisse du nombre de touristes suite aux attaques terroristes à Paris et à Nice.
Pour le premier trimestre de 2017, l’office prévoit une croissance des activités économiques de 0,3 pour cent, qui devrait légèrement s’accélérer au deuxième trimestre à 0,4 pour cent, soutenue par une reprise projetée de 1,1 pour cent des exportations au cours du premier semestre de l’année.
Le chômage devrait légèrement diminuer d’ici la fin juin pour atteindre 9,8 pour cent.
Comme risques possibles pour la croissance, l’office statistique souligne une inflation plus forte et une incertitude politique durant l’année électorale.