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FMI : La reprise économique de la Croatie est visible, la dette et le chômage restent des défis

Les Directeurs Exécutifs du Fonds Monétaire International (FMI) accueillent la reprise économique de la Croatie et la réduction du déficit budgétaire en 2015, mais estiment que des défis significatifs demeurent, tels que la forte dette publique et étrangère et le chômage, selon une déclaration publiée mardi après la conclusion des consultations en vertu de l’Article IV des Statuts du FMI.

Le Conseil Exécutif a conclu les consultations concernant l’Article IV le 22 juin, suite à une visite d’une Mission du FMI en Croatie en mai, dont le rapport sert de base à la discussion du Conseil Exécutif.

– La Croatie se remet progressivement d’une récession de six ans, principalement grâce à de fortes exportations, au tourisme et à la consommation privée. Ces facteurs, associés à une meilleure absorption des fonds des fonds structurels et d’investissement de l’UE, devraient fournir un coup de pouce modéré supplémentaire à la croissance économique en 2016, mais le PIB reste à un niveau significativement inférieur à celui d’avant la crise, et le chômage est très élevé, indique la déclaration du FMI.

Le FMI s’attend à ce que le PIB réel en Croatie croisse de 1,9 % cette année, de 2,1 % en 2017, et anticipe une stabilisation de la croissance à moyen terme entre 2 et 2,25 %.

Bien que certaines réformes structurelles modérées aient été mises en œuvre ces dernières années, la Croatie accuse encore un retard par rapport à la plupart des pays de l’UE lorsque l’on compare les indicateurs standards de l’environnement des affaires, avertissent les Directeurs Exécutifs du FMI.

Ils accueillent la reprise économique de la Croatie et la réduction du déficit budgétaire en 2015, mais notent que des défis significatifs demeurent, y compris la forte dette publique et étrangère et un chômage élevé. Ils appellent à la mise en œuvre du Programme National de Réforme, le considérant crucial pour réduire davantage les vulnérabilités et promouvoir la croissance et la création d’emplois.

Le FMI suggère d’éviter les coupes linéaires des dépenses et de se concentrer sur des mesures durables et ciblées. Il se félicite du plan de simplification du système fiscal et soutient les projets d’introduction d’une taxe foncière moderne, de mise en œuvre de la réforme du système de retraite, d’amélioration du ciblage des prestations sociales, d’augmentation de l’efficacité du système de santé, et de baser une partie de la rémunération des fonctionnaires sur la performance.

Le FMI considère que la politique monétaire en Croatie est « appropriée et accommodante dans les limites d’un régime de taux de change quasi-fixe, » qu’ils estiment continuer à être une ancre adéquate pour la politique monétaire dans les circonstances actuelles compte tenu de l’euroisation. Ils plaident pour des efforts supplémentaires afin d’atteindre une dé-euroisation progressive et de maintenir la stabilité financière jusqu’à ce que l’euro puisse être introduit. Ils encouragent la Banque Nationale Croate à atténuer les fortes fluctuations sur le marché des changes et à explorer des options pour renforcer les réserves.

La banque centrale, disent-ils, a continué à réduire les taux d’intérêt directeurs et à garantir une liquidité abondante dans le système bancaire, mais le crédit bancaire a encore diminué alors que les entreprises et certains ménages continuaient à se désendetter. Le secteur bancaire reste stable, en moyenne liquide et bien capitalisé, et a demeuré rentable pendant la récession, sauf en 2015 en raison des pertes liées à la conversion de prêts liés au franc suisse, indique la déclaration.

Ils estiment que les « sauvetages linéaires » tels que la conversion de prêts liés au franc suisse devraient être évités à l’avenir, car cela augmente le risque de risque moral et pourrait avoir un impact négatif sur la confiance des investisseurs.

Parmi d’autres choses, le FMI souligne l’importance de créer un consensus politique pour garantir un large soutien aux réformes.

Le FMI estime que l’inflation a été négative au cours des deux dernières années, principalement en raison de la baisse des prix de l’énergie et des aliments.

Concernant le surplus du compte courant de la balance des paiements, il a considérablement augmenté en 2015, mais presque la moitié de cette augmentation est le résultat d’une réduction ponctuelle des bénéfices des banques à capitaux étrangers liée à la conversion de prêts liés au franc suisse, disent-ils, notant que les vulnérabilités restent élevées en raison des niveaux élevés de la dette publique et étrangère.

Le déficit budgétaire général du gouvernement, que le FMI a évalué en 2015 comme étant significativement inférieur aux attentes, est attribué par les experts du FMI à une augmentation cyclique des revenus, à des investissements plus faibles des entreprises publiques au quatrième trimestre pendant le mandat du gouvernement technique, et à certains efforts de consolidation.