Lors des élections parlementaires tenues ce dimanche en Turquie, le parti du président Recep Tayyip Erdogan a perdu la majorité absolue qu’il détenait depuis treize ans.
Le Parti de la justice et du développement (AKP) d’Erdogan, au pouvoir depuis 2002, a remporté 41 % des voix, soit 259 sièges sur 550 au Parlement turc. Le résultat des élections a contrecarré le plan d’Erdogan d’introduire un système présidentiel par le biais de modifications constitutionnelles, permettant ainsi l’autocratie. Il s’est présenté à la présidence l’année dernière car il n’était plus légalement autorisé à occuper le poste de Premier ministre. Cependant, pour modifier la constitution, il a besoin d’une majorité des deux tiers au Parlement, soit 330 voix parlementaires, ce qui ne sera plus réalisable après les élections de dimanche. L’AKP devra désormais chercher des partenaires de coalition.
– L’AKP est le vainqueur de ces élections. La décision du peuple est finale et nous la respecterons. – a déclaré le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.
Le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple ou CHP, a remporté environ 25 % des voix.
Le plus grand retournement lors des élections est le fait que le Parti démocratique des peuples (HDP), pro-kurde, a dépassé le seuil de dix pour cent pour entrer au Parlement, sécurisant ainsi 80 sièges avec près de 13 % des voix.
Le HDP est un parti composé de petits partis de gauche et kurdes, et c’est la première fois qu’un tel parti parvient à franchir le seuil d’entrée au Parlement. Le parti plaide pour les droits des femmes, les droits des minorités ethniques et les droits LGBT, et a une direction duale, équilibrée en termes de genre.
