Michael Mann, dans la soixantaine, au lieu de réaliser des films ‘sûrs’ comme prévu, explore de nouveaux territoires du septième art, testant jusqu’où la cinématographie numérique peut aller.
Son dernier travail ‘Blackhat’ peut sembler sur le papier comme un thriller cybernétique destiné aux projections matinales sur des chaînes de télévision à petit budget, mais grâce à l’intervention de Mann, il s’est transformé en un film d’action expressionniste en avance sur son temps. Quand les choses sont expliquées de cette manière, il est plus facile de comprendre les notes catastrophiques des critiques mainstream. La caméra ici combine des objets et des émotions incompatibles en un tout, l’atmosphère est à la fois onirique et brutalement réelle, et les sons de coups de feu, déjà habituels pour ce réalisateur, sont si impressionnablement enregistrés qu’ils méritent un article à part.
Chris Hemsworth peut être la dernière personne au monde qui pourrait passer pour un hacker, mais en tant que type fort et silencieux rappelant Pierce Brosnan avec vingt livres de muscle en plus, il correspond parfaitement à la vision du réalisateur du personnage principal inspiré de ceux de Jean-Pierre Melville. ‘Blackhat’ n’est pas une œuvre où le style prévaut sur le contenu ; ici, le style crée le contenu. C’est un film de genre qui ne suit pas les règles du genre, ni d’ailleurs les règles du cinéma conventionnel, et ce faisant, c’est l’une des plus belles expériences audiovisuelles que vous puissiez avoir dans un cinéma, mais aussi ailleurs.
Réalisateur : Michael Mann
Avec : Chris Hemsworth, Viola Davis, Wei Tang
133 minutes, USA
Note 4/5
