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En raison de la décision inattendue de la BCE, la Grèce devra sécuriser des dizaines de milliards d’euros en prêts d’urgence

La Banque centrale européenne a décidé de manière inattendue qu’elle n’accepterait plus les obligations grecques comme garantie pour les prêts, déplaçant ainsi le fardeau du financement des banques grecques sur la banque centrale grecque et isolant la Grèce à moins que son nouveau gouvernement de gauche n’atteigne un accord avec ses créanciers.

La décision inattendue de la BCE, qui signifie que la banque centrale grecque devra sécuriser des dizaines de milliards d’euros en prêts d’urgence dans les semaines à venir, a été motivée par la conviction parmi beaucoup à Francfort que le nouveau gouvernement grec a abandonné la mise en œuvre du programme d’aide internationale conditionné à des réformes.

La décision a été annoncée quelques heures seulement après que le nouveau ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a déclaré, à l’issue d’une réunion avec le président de la BCE, Mario Draghi, que la BCE ferait tout ce qu’il faut pour aider les États membres comme la Grèce. Cependant, le contraire s’est produit.

La décision, qui prend effet le 11 février, signifie que les obligations d’État grecques d’une valeur de dizaines de milliards d’euros, ainsi que les obligations bancaires garanties par Athènes, ne seront plus acceptées comme garantie en échange de prêts de la BCE à ces banques. Au lieu de cela, la banque centrale grecque devra fournir des prêts d’urgence aux banques grecques et assumer le risque elle-même. Si la banque centrale rencontre des difficultés en conséquence, le gouvernement grec devra intervenir pour aider, ce qui ne sera pas du tout facile.

Les banques grecques ont été placées dans une position difficile par cette décision. Deux banques grecques ont déjà commencé à utiliser des prêts d’urgence de la banque centrale grecque en raison d’une augmentation des retraits de dépôts d’épargne suite à la victoire électorale de la gauche radicale Syriza le 25 janvier. Sans le soutien des créanciers et de la BCE, la Grèce pourrait bientôt se retrouver dans une grave crise financière. N’ayant pas accès aux marchés en raison des coûts d’emprunt élevés, le gouvernement grec a suffisamment d’argent pour seulement quelques mois de plus, et il doit rembourser environ 10 milliards d’euros de dettes d’ici l’été.

La décision de la BCE s’est immédiatement reflétée sur le taux de change de l’euro, qui a chuté par rapport au dollar. L’euro valait 1,1341 dollars mercredi soir, en baisse par rapport à 1,1479 mardi à la même heure et 1,1423 avant l’annonce de la décision de la BCE.