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Jeune et jolie – Un film d’apprentissage intelligent et non conventionnel

Raconté en quatre chapitres – saisons, le film suit l’élève de lycée Isabelle, une fille d’une famille aisée qui se livre à la prostitution en offrant sa beauté juvénile à des hommes plus âgés.

Ses motivations ne sont pas entièrement claires, mais le réalisateur Ozon n’insiste pas sur des explications simplistes, ni ne sensationalise le portrait de sa profession choisie. En contrastant l’insatisfaction de son protagoniste avec des chansons d’amour kitsch et des analyses de poésie qui créent un mythe sur la jeunesse enivrée par l’amour, il remet en question la relation entre la jeunesse idéalisée et l’épanouissement sexuel, ainsi que l’accessibilité de cet idéal, avec Isabelle, souvent cadrée avec un livre à la main, coincée à leur frontière.

‘Jeune et jolie’ n’hésite pas à pointer du doigt la morale bourgeoise et son hypocrisie inhérente, que la beauté du titre met en lumière (une scène fantastique met en scène un ami de la famille ‘gardant’ son mari d’Isabelle). Le traitement de la prostitution par le réalisateur n’est pas sans défauts (surtout dans les scènes finales), mais malgré cela, le résultat est un film d’apprentissage intelligent et non conventionnel. 

Réalisateur : François Ozon
Distribution : Marine Vacth, Géraldine Pailhas, Frédéric Pierrot, Charlotte Rampling
Jeune et jolie, France, 2013.

Note : 4/5