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Les fonds spéculatifs sapent le FMI dans la réduction de la dette grecque

Les fonds spéculatifs ont décidé de saper le plan du Fonds monétaire international visant à réduire la massive dette de la Grèce et à éviter l’annulation anticipée qui est censée sauver Athènes de la faillite.

Les fonds ont construit des positions si puissantes dans les obligations d’État grecques qu’ils pourraient contrecarrer la tactique européenne visant à persuader les banques et d’autres créanciers du secteur privé de prendre volontairement une partie du fardeau de la réduction de la dette grecque.

On s’attend à ce que les créanciers des obligations grecques renoncent à environ 100 milliards d’euros d’investissements dans la dette grecque dans le cadre de l’échange d’obligations prévu, mais de nombreux fonds ont l’intention de contourner cette obligation.

Ils sont plus enclins à permettre une faillite grecque, ce qui activerait l’assurance-crédit qu’ils ont achetée, ou à compter sur le remboursement intégral des créances si suffisamment d’acteurs du secteur privé acceptent l’annulation. Cela les met en conflit direct avec le FMI, qui souhaite abaisser les coûts de financement de la Grèce à un niveau durable.

« Ils jouent la carte de ‘au final, ils devront nous payer’. La Grèce essaiera d’éviter une faillite plus large, donc si elle parvient à restructurer 80 % de la dette et à payer le reste, c’est toujours une meilleure solution, » explique Gabriel Sterne d’Exotix.

Si un accord n’est pas atteint, le FMI, l’Union européenne et la Banque centrale européenne ne débourseront pas un nouveau paquet d’aide dont la Grèce a besoin pour survivre. Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires Olli Rehn a déclaré mardi que les négociateurs sont sur la bonne voie pour conclure un accord à court terme. Cependant, le temps presse.

Si elle ne reçoit pas l’argent, la Grèce risque de ne pas être en mesure de respecter ses obligations financières dues autour du 20 mars. Ce jour-là, une obligation d’une valeur de 14,5 milliards d’euros arrive à échéance. Un accord doit être conclu bien avant cette date, car le travail sur la ‘paperasse’ elle-même prend au moins six semaines.

Lundi, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont souligné que les créanciers du secteur privé doivent prendre une partie du fardeau de la réduction de la dette grecque.

Les fonds spéculatifs résistent à ces demandes, contrairement aux banques européennes, qui ont été soumises à une forte pression par les politiciens.

Le secteur privé, y compris les banques, les investisseurs institutionnels et les fonds spéculatifs, détient 206 milliards d’euros de dette grecque. Le montant détenu par les fonds spéculatifs est inconnu, et une source pour Reuters indique que l’identité d’environ 20 à 25 % des créanciers grecs est également inconnue, notant que la moitié d’entre eux pourraient être des fonds spéculatifs.

Il semble que le FMI lui-même doute de l’efficacité de l’échange d’obligations grecques, selon un mémorandum interne cité par le hebdomadaire allemand Der Spiegel sur son site Web samedi.

Selon le rapport de Der Spiegel, le FMI estime que la Grèce sombrera sous le poids de la dette même si un accord est atteint, et que des mesures supplémentaires pourraient être nécessaires pour que le pays puisse respecter ses obligations financières de manière ordonnée.