‘L’extrapolation linéaire de la croissance actuelle montre que le revenu par habitant en Croatie dans 50 ans ne correspondrait qu’à 60 % du niveau aux États-Unis, une position que les pays de l’UE-27 ont atteinte en 2000’, déclarent les auteurs de l’étude.
La Croatie doit se réorienter vers un modèle de croissance plus axé sur la productivité et les exportations, avec quatre principales sources potentielles de croissance en Croatie : l’augmentation de la participation de la main-d’œuvre, l’augmentation de la productivité, l’approfondissement de l’intégration commerciale et la libération du potentiel d’innovation de la Croatie.
Ce sont les évaluations et recommandations de la Banque mondiale tirées du « Rapport sur la convergence de la Croatie avec l’UE : atteindre et maintenir des taux de croissance économique plus élevés », publié sur le site web de la Banque (ICI).
Cette étude, publiée en deux parties – comme un aperçu et un rapport complet totalisant environ 200 pages, propose d’accélérer les réformes économiques et sociales pour libérer le potentiel d’innovation de la Croatie, d’accélérer l’intégration de la Croatie dans l’économie mondiale et d’augmenter la productivité du travail.
‘Les réalisations du développement économique et social en Croatie au cours de la dernière décennie ont été impressionnantes’
"Les réalisations du développement économique et social en Croatie au cours de la dernière décennie ont été impressionnantes : la Croatie a consolidé sa stabilité macroéconomique ; a atteint des niveaux de croissance économique réelle proches de 5 %, réduisant ainsi son écart de revenu avec l’UE ; tout en maintenant ses indicateurs de développement social parmi les meilleurs de la région. De plus, l’adhésion complète à l’UE – actuellement attendue autour de 2011 – renforcera les fondations institutionnelles de la République de Croatie, contribuant ainsi à atteindre de tels résultats significatifs.", évalue l’étude. Cependant, elle avertit que l’effet de croissance, aussi impressionnant soit-il, ne doit pas être pris pour acquis.
Les auteurs de l’étude évaluent que le modèle de croissance actuel en Croatie ne sera pas durable et mettent en garde contre de graves déséquilibres extérieurs (fort déficit du compte courant, augmentation de la dette extérieure, etc.), ainsi que des dépenses publiques élevées (environ 45 % du PIB).
"L’extrapolation linéaire simple de la croissance actuelle montre que le revenu par habitant en Croatie dans 50 ans ne correspondrait qu’à 60 % du niveau aux États-Unis, une position que les pays de l’UE-27 ont atteinte en 2000," déclarent les auteurs. Ils évaluent que le modèle de croissance actuel en Croatie ne sera pas durable et mettent en garde contre de graves déséquilibres extérieurs (fort déficit du compte courant, augmentation de la dette extérieure, etc.), ainsi que des dépenses publiques élevées (environ 45 % du PIB).
"Cependant, en adoptant des politiques appropriées, la Croatie sera en mesure d’atteindre et de maintenir une croissance plus élevée du revenu par habitant et d’accélérer sa convergence économique avec l’UE. Bien que le maintien de la stabilité macroéconomique reste une condition préalable, surtout compte tenu de l’environnement mondial actuel, il serait bénéfique pour la Croatie de commencer à mettre en œuvre des politiques qui aideraient à atteindre et à maintenir des taux de croissance économique plus élevés dans les années à venir. La Croatie devrait se diriger vers un modèle de croissance basé sur la productivité et principalement sur les exportations," recommande l’étude. Le rapport accorde une attention particulière aux mesures que la Croatie peut prendre pour soutenir et accélérer la croissance dans les décennies à venir.
Ce sont quatre stratégies de politique économique : augmenter les contributions de la main-d’œuvre grâce à une participation accrue de la population au marché du travail et à la réduction du chômage ; augmenter la productivité globale des facteurs ; approfondir l’intégration commerciale ; promouvoir l’innovation.
"Ce sont quatre stratégies de politique économique : augmenter les contributions de la main-d’œuvre grâce à une participation accrue de la population au marché du travail et à la réduction du chômage ; augmenter la productivité globale des facteurs ; approfondir l’intégration commerciale ; promouvoir l’innovation. Ces quatre stratégies économiques entraîneraient différents changements en termes de croissance économique accrue. Elles représentent également différents effets de distribution, posant ainsi différents défis en termes d’économie politique. (…) Bien que le rapport discute des arguments pour et contre diverses stratégies politiques, déterminer un ‘paquet de mesures’ politiquement réalisable à adopter dans la pratique est finalement une question de consensus qui dépasse le cadre de ce rapport," soulignent les auteurs de l’étude. (Hina)
